mardi 5 mai 2020

Chronique des confinés de la Bréhardière: lundi 4 mai 2020

Ce matin ciel gris, pas de pluie et il fait déjà chaud.

  Je suis occupé toute la journée avec le potager alors juste un petit tour d'un quart d'heure avec l'appareil photo.

A quatre pattes dans l'herbe

   Mon copain le Charançon de l'Iris des marais préfère se nourrir sur une fleur de porcelle car sur les iris c'est le déconfinement et c'est bondé.


Sur une tige de trèfle, une drôle de ponte totalement inconnue pour moi.


Cache-cache avec un cercope.


Petite punaise indéterminée.


Bain de pollen pour une petite abeille sp.


Un Cryptocéphale sp de la famille des Chrysomelidae sur une fleur de piloselle. Plusieurs espèces se ressemblent. C'est peut-être un Cryptocéphale soyeux (Cryptocephalus sericeus). Sa tête, vue de dessus, est en partie cachée par le pronotum d'où son nom, crypto: caché, céphale: tête. 





   De nouvelles fleurs pour changer. Des campanules, nom qui rappelle la forme des cloches, campana en latin.
  Eglises à campanile, souvent des églises romanes où le clocher est un mur percé pour accueillir les cloches.











Photo mystère du jour


Ruée de spermatozoïdes ?


Jean-Luc Le Bedeau

lundi 4 mai 2020

Chronique des confinés de la Bréhardière: 3 mai 2020

Ce matin temps gris, lecture, petit déjeuner tardif interrompu par ?

Photo mystère: la réponse

- C'est la coquille d'une limace.
- Pas bien le Jean-Luc, il confond limace et escargot !
C'est le confinement, le cerveau commence à être atteint...
- Je vous assure, c'est la coquille d'une limace qui mange des vers de terre.
- Bien sûr et la marmotte enveloppe le chocolat dans du papier d'aluminium.
- C'est une testacelle vous dis-je, cette limace n'a été découverte qu'en 1740 à Dieppe. Il a fallu attendre cette date pour que des naturalistes s'intéressent à elle.




   Cette coquille est située à l'extrémité postérieure de son corps. Elle n'a plus de fonction de protection. C'est un cas d'évolution intéressant. Doit-on considérer cette coquille comme étant une relique de coquille plutôt qu'une coquille ayant cessé d'évoluer ?
   Son mode d'alimentation, à savoir une consommation de vers de terre, ne pouvait lui permettre de promener sur son dos une coquille comme celle d'un escargot. Comment s'enfoncer sous terre rapidement pour attraper un ver avec une coquille. Je ne sais pas si Charles Darwin a étudié cette limace mais j'aurais aimé connaître son avis sur cette curiosité.







   Il existe plusieurs espèces de ce genre de limaces en France: 
- La Testacelle commune (Testacella haliotide) est jaune pâle à chamois avec une sole blanche.
- La Testacelle des jardins (Testacella scutulum) avec une sole orange
- La Tastacelle atlantique (Testacella maugei) plus foncée et sa sole est rose ou orange. Les Mauges du Maine et Loire lui ont été données comme nom scientifique d'espèce.

   Comme pour beaucoup d'espèce proche c'est la dissection des organes génitaux qui les déterminera avec certitude. Bon appétit !

Une huppe sur la tête ou la huppe sarde sur le toit


   A peine habillé, tardivement il est vrai, Cécile me dit qu'une Huppe fasciée lance ses "houp houp houp" chez le voisin. J'ouvre la fenêtre et la localise plutôt sur notre pin. Branle-bas de combat, jumelles, zoom, nous sortons prudemment, en fait elle chante sur notre toit.
     Timidement nous avançons cachés sous le prunier, elle est sur le faîte. Quelques clichés mais elle part chez le voisin et continue de chanter sur son hangar. 






  Dans la journée, je l'entends plusieurs fois mais au loin sur le hameau de l'Auberdière.
Une seule fois la huppe a niché à proximité de la maison, 385m pour être exact. Depuis, j'ai installé un nichoir dans un vieux châtaignier où elle chante pratiquement tous les ans, mais rien dedans.

En direct des nichoirs


   Hier j'ai décidé d'agrandir le trou d'entré du nouveau nichoir inoccupé. Alors ce matin je pars le décrocher. Après avoir utilisé une râpe sur la perceuse pour atteindre le diamètre de 33mm, j'ai installé le nichoir au dessus du parpaing qui a servi à la reproduction précédente.



   Dix minutes après les mésanges charbonnières le visitaient. Nous avons assisté aux premiers transports de mousse arrachée sur la pelouse. 

Trou du parpaing ayant servi de cavité de nidification
Dans le jardin et les airs

   Ma première Tourterelle des bois chante sur les fils au bord la route.

  Un épervier provoque le vol en formation des étourneaux, les hirondelles rustiques se rassemblent et houspillent le rapace.

A demain !



Jean-Luc Le Maçon







dimanche 3 mai 2020

Chronique des confinés de la Bréhardière: samedi 2 mai 2020

Ce matin, grasse matinée avec un roman "Une femme à Berlin", confinée dans la capitale les derniers jours de la fin de la guerre avec l'arrivée des russes. A la Bréhardière, en comparaison, c'est le paradis !
Un martinet dans le ciel qui ne tarde pas à pleurer.

Je rappelle que toutes les photos sont prises à la Bréhardière et depuis le confinement, sauf mention contraire.

Photo mystère: la réponse

C'est le jardin dans la cuisine. Ce sont des pousses d'Alfalfa dans le germoir.


Un peu d'ornithologie


    Mais d'où viennent ces Hérons gardeboeufs qui se posent dans le jardin ?
Depuis plusieurs années pendant l'hiver, un dortoir de ces oiseaux est établi à la Varenne (49) vers les bords de la Loire. Au printemps, ils se dispersent, les adultes rejoignent les colonies de nidification dont la plus proche se situe au marais de Goulaine sur Saint-Julien-de-Concelles, ce sont sans doute 200 couples qui s'y reproduisent. Les subadultes visitent différentes colonies, explorent de nouveaux sites.

   J'ai l'impression que ces gardeboeufs qui me rendent visite, ou plutôt à mes lézards, viennent de la Varenne. Dans leurs déplacements les individus viennent ou se dirigent vers ce dortoir. Peut-on espérer une nouvelle colonie ?

   Mais d'où viennent les gardeboeufs. C'est la même espèce que vous voyez dans les documentaires animaliers marchant à côté des éléphants, des zèbres, des girafes dans les savanes africaines. Ces oiseaux étaient connus comme nichant dans la Pénisule Ibérique  depuis le 19ème siècle mais les documents que j'ai consultés ne m'ont pas permis de trouver la date exacte de leur implantation. 
   Fin 19ème et début 20ème siècle, la plumasserie (traitements des plumes pour les chapeaux et la mode), qui devient une industrie florissante, et le classement des hérons comme nuisibles, ont sans doute freiné l'expansion des gardeboeufs.


Photo prise au marais de Goulaine en 2019
   Le Héron gardeboeufs est un oiseau nicheur en France métropolitaine depuis une date relativement récente. Le premier cas de nidification connue remonte à 1957 mais il faut attendre 1969 pour une première reproduction donnant des jeunes à l'envol, deux couples élèvent 9 jeunes. 
   20 ans plus tard, le delta du Rhône accueillait plusieurs centaines de couples nicheurs, chiffres fluctuant suite aux vagues de froid qui décimaient les populations. 2 nouvelles colonies s'étaient installées en Alsace et en Gironde.
  En 2007, la population était de 14 130 couples, chiffres obtenus par un recensement national. A cette date, 90% de la population nichait dans les Bouches du Rhône. En cette année 2020 devait être réalisé une recensement national des hérons nicheurs, mais avec le confinement c'est raté.
  On voit que la dynamique des populations de ce petit héron est impressionnante. Alors que nos oiseaux les plus communs régressent de façon dramatique, il est incroyable que ces oiseaux colonisent petit à petit la France. Son classement en espèce protégée n'explique pas tout.
  Le Héron gardeboeufs n'est pas une espèce spécialiste, il ne se nourrit pas uniquement dans des zones marécageuses. Vous pouvez le voir dans les vignes, sur le bord des fossés, dans les prairies avec les vaches et le chevaux, les chaumes, les friches, les labours... Il se nourrit de tout ce qu'il trouve: 
-invertébrés: vers de terre, insectes dont une part importante d'Orthoptères en été (sauterelles, grillons et criquets), escargots...
-vertébrés: reptiles, batraciens, petits mammifères rongeurs, poussins d'oiseaux nichant au sol.
 Il remplit donc une niche écologique vide et ses populations peuvent croître.

   Seules les vagues de froid peuvent limiter les populations car ce héron est sédentaire et peu enclin à voyager pour les adultes nicheurs.


Photo prise au marais de Goulaine en 2019
Dans le jardin

  Nos poussins de Mésanges charbonnières du parpaing ne sont plus là. Nous avons l'impression qu'elles ont été prédatées. Hier les adultes alertaient parce que le chat était à proximité. Puis dans la journée, plus de nourrissage. Pourtant les piquets offraient un rempart. Notre chatte n'est pas portée sur la chasse des oiseaux, pas de plumes ni de cadavre. Un nichoir en hauteur apporte quand même plus de sécurité.
   Les poussins de Mésanges bleues sont toujours dans le nichoirs.

   Une belle femelle d'orvet sous le paillage.

Photo mystère du jour


Jean-Luc Mauges

samedi 2 mai 2020

Chronique des confinés de la Bréhardière: vendredi 1er mai 2020

Ce matin temps gris mais pas de pluie, 15 mm dans le pluviomètre qui datent d'hier.

Photo mystère: la réponse

C'était un papillon de nuit, la Louvette (Pharmacis lupulinus). 




  Ses chenilles ont un mode de vie souterrain. Elles se nourrissent des racines des plantes sauvages ou cultivées. Elles ont une préférence pour les collets des laitues entre autres.
  Les oeufs sont pondus au pied des plantes. Après l'éclosion les chenilles s'enfoncent dans le sol. Elles restent sous terre pendant l'hiver en s'alimentant jusqu'au printemps suivant. La nymphose se produit en avril-mai. Il n'y a qu'une génération par an.

  Dès qu'un plant de salade flétrit par ses feuilles extérieurs, il faut le déterrer et chercher la chenille qui est dans la racine ou à proximité. Le binage ou le sarclage perturbent les chenilles.

Dans la cuisine

   Une chenille verte ramenée dans un bouquet de roses, rampait sur le plan de travail.


Dans le jardin

  Quatre Hérons gardeboeufs ont encore débarqué dans le jardin en se posant près du romarin, refuge des Lézards verts. Ils sont rapidement partis, heureusement je n'avais pas envie de revoir la scène du mardi 27 avril (voir la chronique).




   Je n'ai pas eu le temps d'arpenter le jardin pour des clichés. Je fabrique un confineur de pieds de tomates.

Photo mystère du jour



Jean-Luc Leloup

vendredi 1 mai 2020

Chronique des confinés de la Bréhardière: jeudi 30 avril 2020

Ce matin temps gris, des gouttes. Un Héron cendré passe dans le ciel.

Au ras du sol

Il pleut, il mouille , c'est la fête aux.....gastéropodes !


    Le paillage du potager c'est bien, ce ne sont pas les limaces qui diront le contraire.
J'ai une belle population de ces bestioles gluantes qui dévorent tous les semis ou plantules. Tel Attila et ses hordes de Huns, rien ne repousse sur leur passage.
   J'ai beau mettre des bouteilles plastiques dont j'ai coupé le fond comme protection, certaines arrivent à rentrer dedans pour un repas plantagruélique au vu de leur taille.
   Je l'avoue ce ne sont pas mes amies.


   Il existe aux éditions BELIN un guide des mollusques terrestres. Malgré mon inimitié à leur égard, je pourrais apprendre sûrement un tas de choses sur les mollusques et deviendrais plus clément quant à leur sort.



  Petite, bien camouflée, la Loche laiteuse (Deroceras reticulatum) s'insinue sous la terre, sous le paillage. Ressort à la nuit à la recherche de végétaux tendres. Mon cauchemar de jardinier.


   La Limace espagnole (Arion vulgaris) est une grande consommatrice de végétaux mais elle est plus facile à repérer. Dans le jardin la plupart sont orangées mais il existe des variantes de couleurs.





   Je n'aime pas trop les granulés pour empoisonner les gastéropodes. La méthode de la bière dans des pots de verre enterrés attirent les gastéropodes qui s'y noient. Moi je ne bois pas de bière.

  La méthode que j'emploie est radicale. Des vieux ciseaux ou un sécateur et un tour chaque soir en éclairant à la lampe les végétaux à protéger et couic ! Au bout de quelques jours vous aurez éliminé une bonne partie de ces indésirables.
  Vous pouvez aussi mettre des planches sur le sol. Vous les retournez, en plein jour et vous éliminez les limaces qui s'y sont réfugiées.
  La cendre de bois épandue autour des végétaux ou sur le pourtour des plates-bandes, permet de les repousser mais une fois la cendre mouillée elle perd son efficacité.

  Certaines limaces tigrées sont prédatrices des autres gastéropodes, laissez les.

  Avant, certains soirs humides, je me m'arrêtais de tuer des escargots quand j'étais arrivé à 100 ! Depuis le nombre a baissé dans des proportions acceptables.

  Vous pouvez aussi ramasser les escargots Petits Gris (Helix aspera) pour les manger ou les donner à quelqu'un qui en raffole. Moi je les envoie de l'autre côté de la route mais je suis certain qu'ils reviennent, je devrais faire du marquage sur les coquilles.

  Bon, je ne suis pas très fier de moi, la solution serait de "déporter" les bestioles à 1 km du jardin. C'est facile avec les escargots pas avec les petites limaces.

  Hier 23h, soir de pluie, les Petits Gris étaient tous de sortie, les vieux les jeunes. Il y en avait plein les marches et la terrasse, j'ai été gentil, je les ai laissés à leur fête. Pour cette fois !




Mélange des générations
Je suis en retard, je fonce !
Regardez moi dans les yeux !

   Voici l'Escargot des haies (Cepaea nemoralis) reconnaissable à la lèvre noire de sa coquille. Rappel: l'Escargot des jardins a une lèvre claire.




Photo mystère du jour



Epagneul breton ?


Jean-Luc le Baveux


Ces chroniques vous plaisent, parlez-en autour de vous !




jeudi 30 avril 2020

Chronique des confinés de la Bréhardière: mercredi 29 avril 2020

Ce matin ciel nuageux, vent, je reste lire dans mon lit.

Photo mystère: la réponse

  C'est une galle sur un églantier, appelée bédégar ou barbe de Saint-Pierre, provoquée par la ponte d'un cynipide Diplolepis rosae, un petit machin avec des ailes. La galle est pluricellulaire et plusieurs larves vivent séparément dans chaque cellule. Les femelles se reproduisent par parthénogénèse. Les mâles sont extrêmement rares.





Dans le jardin

Le confinement a du bon, nous pouvons nous occuper du jardin comme il faut.

Avant le confinement





Depuis le confinement



   Le temps maussade ne m'a pas inspiré. Je suis allé chercher mon piège photo posé près de terriers de blaireaux. Rien, 2 écureuils, 2 martres ou fouines, 2 mulots. Pas même un bout d'image valable à montrer.


Jean-Luc Dépité





mercredi 29 avril 2020

Chronique des confinés de la Bréhardière: mardi 27 avril 2020

Ce matin ciel de traîne, vent. La pluie ne tarde pas. Passage de 5 Martinets noirs qui se suivent.

Photo mystère: la réponse

C'est un escargot, Maargot ! Un escargot des jardins.


  Un escargot des jardins (Cepea hortensis) se différencie d'un escargot des haies (Cepea nemoralis) par la lèvre de la coquille qui est claire chez le premier et sombre chez le deuxième. La couleur et le nombre de raies ne sont pas des critères mais ils permettent de faire de belles collections de coquilles une fois leurs propriétaires disparus.
  La coquille de celui-ci était translucide et on voit le corps de l'escargot à l'intérieur et des bulles.




   Cet escargot était en train d'agrandir sa coquille comme en atteste sa finesse et la bordure de la lèvre non consolidée.




Dans le jardin

Un temps à ne pas mettre un appareil photo dehors en raison des soudaines averses..

    Après le repas, lors d'une éclaircie, arrivée d'un Héron gardeboeufs. Je cours chercher le zoom et passe d'une fenêtre à l'autre. Mais je ne m'attendais au drame qui allait se jouer.


Le gardeboeufs arpente la butte herbeuse

    Et c'est le drame, en une fraction de seconde, le bec du héron s'est refermé sur un mâle de Lézard vert adulte. Le reptile se tord dans la pince implacable.






    Le corps du lézard finit par disparaître dans la gorge du héron.


    La queue a cassé mais continue de s'agiter.



    Le même héron se dirige ensuite vers le romarin où stationnent 4 lézards verts, mais pas d'accord, j'ouvre la fenêtre et le chasse avec des cris.


Photo mystère du jour




Perruques abandonnées ?

Jean-Luc Lechevelu