Météo Nantes

samedi 16 mars 2019

recette du pesto à l'ail des ours

   Voilà une recette où le plus difficile sera de trouver de l'ail des ours.
Une bonne raison pour étudier la végétation et la topograhie de votre secteur.
   L'ail des ours, Allium ursinum, est une plante de la famille des Amaryllidacées, autrefois famille des Liliacées. Dans cette famille on rencontre la Jacinthe des bois, la Jonquille, le Muguet ... En Hollande, où les ours ont disparu depuis longtemps, il s'appelle ail des blaireaux. Cette plante pousse dans les bois, les sous-bois humides et frais souvent à proximité de ruisseau. Pour ma part, je la trouve dans la vallée de la Divatte et au Cellier dans une coulée près du village. Il est préférable de cueillir les feuilles avant la floraison car celles-ci se couvrent de taches suite à l'attaque de champignons. Si vous avez une crainte de les confondre, par exemple avec des feuilles de muguet, il suffit de les frotter et aussitôt une forte odeur d'ail s'en dégage. L'ail des ours pousse en tapis dense et vous êtes sûr de remplir rapidement votre panier.


Ail des ours en Normandie dans un chemin du bocage
Cliquez sur les photos pour les agrandir







Pour la cueillette plusieurs conseils:


  • Ne piétinez pas la station (lieu localisé où pousse une plante).
  • Ne tirez pas les feuilles, vous arracheriez les bulbes. Il faut couper le pétiole de la feuille. Vous pouvez utiliser des ciseaux.
  • Disposez vos feuilles bien rangées et à plat dans votre panier et surtout un sac en plastique.
  • Prenez des feuilles propres ce qui vous évitera de passer beaucoup de temps à les nettoyer chez vous.
  • Ne cueillez que quelques feuilles par touffes, n'utilisez pas une faucille !


Pour 300g de feuilles lavées et essorées prenez un saladier de 26 cm de diamètre.
Ingrédients:
  • 300g de feuilles d'ail des ours
  • 200g de parmesan râpé
  • 150g de graines de tournesol décortiquées
  • 33cl d'huile de tournesol+ recouvrement
  • sel, poivre
J'utilise des graines de tournesol au lieu de pignons de pin, elles sont dix fois moins chères.
  • Après avoir trié, lavé et essoré les feuilles, hachez-les au couteau en fines lamelles. 
  • Réduisez en poudre les graines de tournesol dans un petit mixeur (j'ai toujours celui qui servait pour les enfants il y a 21 ans)
  • Dans le saladier, mélangez l'ail des ours ciselé, la poudre de tournesol, le parmesan, le sel, le poivre et l'huile. 
  • Attendez 1/2 heure et remélangez pour que la répartition des ingrédients soit homogène.




  J'utilise des pots de 250g d'olives pour conserver le pesto. Il est préférable d'avoir des pots plus étroits que les pots de confiture style "bonne maman" car après utilisation d'une partie du pesto vous le recouvrez d'huile pour mieux le conserver. 

  • Utilisez un entonnoir à confiture (ouverture large) pour remplir vos pots.
  • Tassez bien le pesto pour ne pas avoir d'air dedans, pour une meilleur conservation.
  • Recouvrez d'une couche d'huile.
  • Fermer.
  

  Cette quantité de préparation ne permet que de remplir 3 pots bien tassés.
Conservez-le au réfrigérateur, vous pouvez aussi le congeler pour toute l'année.

   -Ce pesto peut être servi en apéritif sur des toasts.
   -Il accompagne les crudités, carottes, betteraves...
   -Il relèvera vos salades composées.
  -Vous découvrirez vos pâtes sous un jour nouveau en le mélangeant avec. 

 Je vous laisse découvrir de nombreuses recettes avec l'ail des ours sur internet. Bonnes dégustations.

Jean-Luc Legourmand


dimanche 10 mars 2019

salamandre suite

  Pour faire suite à l'article du 5 janvier 2019
Ma femme veut sortir marcher !
-D'accord si tu me fais des crêpes.
Où aller ? 
-Voir les salamandres, nous serons à l'abri du vent dans le vallon boisé.

  Chemin faisant nous allons vérifier l'avancée de la pousse de l'aïl des ours, qui est présente déjà de belles feuilles (je vous promets une recette de pesto à l'aïl des ours prochainement). Quelques fritillaires sont déjà fleuries.

  Nous suivons le chemin rendu boueux par la dernière crue de la Divatte. Quelques empreintes de sangliers et de notre copain le blaireau.

  Je descends dans le ruisseau jusqu'à la vasque connue et je compte 5 larves. L'eau tombe abondamment et ride la surface ce qui ne facile pas la découverte des larves surtout quand elles sont posées sur un fond de détritus de végétaux.
J'en trouve une autre en aval dans une mini retenue. Nous faisons quelques mètres en amont et là c'est le gros lot, au moins une trentaine. Un peu plus en amont et encore 7.
  Avec les dernières pluie du week-end dernier et de la semaine, le ruisseau coule bien. Mais hélas il draine un verger et des vignes bien arrosées de pesticides. Je ne sais pas quelle est l'incidence sur la santé des larves. Déjà qu'il n'y a pas d'étude gouvernementale sérieuse sur la santé des humains, personne ne va se pencher sur la santé des amphibiens.

  Voilà des années que des salamandres se reproduisent dans ce ruisseau, c'est mieux que de mourir écrasé sur la route en cherchant une mare ou un ruisseau propre, soyons positifs pour une fois !

  La pâte est faite, je vous quitte. 

A suivre. 
Jean-Luc Lefrançois (1er)

premières arrivées 2019

   Le printemps officiel arrive mais les oiseaux le précèdent.
Les plans d'eau sont souvent les meilleurs endroits pour découvrir les oiseaux migrateurs, C'est sur ces secteurs que les hirondelles trouveront des insectes volants pour se nourrir. Leurs prédateurs, comme le Faucon hobereau revenu d'Afrique, viendront y chercher leur pitance. Des fauvettes migratrices se poseront dans la ripisylve riche en minuscules proies.

   Pour notre part, les comptages hebdomadaires des grèbes sur le marais de Goulaine nous permettent d'être aux premières loges pour constater leurs arrivées.


20 février 1 Hirondelle de rivage se nourrit sur le marais de Goulaine
les 7 suivantes seront vues à l'étang du bois Joalland à St Nazaire le 1er mars.

Histogrammes extraits de la base de données Faune Loire-Atlantique
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   On s'aperçoit qu'il existe quelques données hivernales en début d'année mais que les premières arrivées courantes se situent dans la première décade de mars le pic se situant fin mars. Comme il n'y a pas de données en novembre et décembre on peut supposer que les oiseaux vus en janvier et février sont bien des migrateurs très précoces.


7 mars 1 Faucon hobereau en vol rasant au marais de Goulaine.

Pour le moment aucun autre n'a été vu.



   L'arrivée la plus précoce a été le 27 février 2009 à St Philbert de Grand-Lieu. 
Deux autres sont consignées dans la dernière décade de mars. Les arrivées "normales" se situent dans la deuxième décade d'avril. Et c'est toujours sur les zones humides que se feront de beaux rassemblements bien qu'ils soient de plus en plus rares. A Goulaine, la raréfaction des libellules, sans doute due à la prédation par les écrevisses américaines des larves d'odonates, limite ces regroupements.

8 mars 1 Hirondelle rustique  avec environ 50 Hirondelles de rivage à Goulaine.

  Cette année, la plus précoce a été observée à Donges le 21 février. Puis ont suivi Nantes le 03 mars et Mauves sur Loire le 05 mars.


  Bien que migratrice, cette hirondelle laisse toujours quelques rares hivernantes. Les premières arrivées se situent dans la deuxième décade de mars. Cette espèce se retrouve aussi sur les zones humides à cette période.

8 mars 2 Milans noirs en vol au dessus de Goulaine.

   Le premier est noté le 03 mars à St Herblon, le second  le 05 mars à Prinquiau et le 8 mars, ces rapaces sont observés sur 5 autres sites.


   Les premières arrivées dans la premières décades de mars sont normales mais c'est dans la seconde décade de mars que se réalisent vraiment les installations avec un pic dans les deux premières décades d'avril.

8 mars 1 Huppe fasciée à Haute-Goulaine au bord de la route.

   Deux oiseaux auraient été vus à Sautron et St Philbert de Grand-Lieu le week-end comptage oiseaux des jardins les 26 et 27 janvier. Je m'interroge sur ces données car on s'aperçoit que chaque année des amateurs se prêtant au jeu de comptage, observent des oiseaux en dehors de dates traditionnelles. Martinets, 15 Rouges-queues noirs ensemble, etc... Que ces personnes me pardonnent de mettre leur contribution en doute.
  Par contre la données du 16 février, faite dans un jardin, ne pose pas de problème les observateurs étant bien connus.


  Si les premières arrivées s'étalent en mars, c'est bien en avril que ce magnifique oiseau s'installe.

Jean-Luc Lemigrant

samedi 9 mars 2019

chroniques du marais de Goulaine 7 mars 2019

   Les perturbations se suivent et se ressemblent mais aujourd'hui la pluie devrait se faire rare.
Le niveau du marais est remonté, les bottes ne suffisent pas pour détacher la barque mais comme j'ai les waders, pas de problème. Direction notre mirador affût, installé au plus près d'une des colonies de la héronnière. Enfin c'est plutôt les ardéidés qui se sont rapprochés année après année à proximité de notre construction. Depuis début février je ne suis pas revenu sur le site, j'ai laissé les hérons s'installer et j'ai été pris par le recensement des Grèbes à cou noir et d'autres prospections. Les derniers coups de vent ont fait du dégât sur l'écran qui nous permet d'atteindre l'affût sans être vu de nos grands échassiers. Des fils de fer ont cassé et les toiles flottent comme des bannières. Je répare l'écran car, prévoyant, j'ai laissé du fil de fer dans le mirador. 

Je n'ai même pas encore installé mon matériel photo, que deux busards des roseaux se poursuivent en criant. Je n'ai pas eu le temps de voir si c'était le couple de l'année dernière.


   Les saules n'ayant pas encore leurs feuilles, j'arrive à deviner de nombreux nids de hérons cendrés, au moins une trentaine mais je sais par expérience que cette colonie doit sans doute atteindre 60-80 couples. Certains oiseaux sont déjà couchés sur leur nid, patients sous les rafales de vent. D'autres stationnent debout sur les nids, gardant la place car les vols de branchages ne sont pas rares. Pourquoi s'embêter quand il suffit de se servir chez un voisin absent !

   Les cris sont incessants, saluant les arrivées de conjoints ou de voisins trop "collants".


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  Les gardeboeufs sont aussi installés, certains paraissent déjà couver mais leurs nids sont plus dissimulés dans les "bouillées" de saules et plus difficiles à observer.  



       Nous avons dégagé une placette dans les roseaux devant l'affût jusqu'à un saule qui est tombé l'année dernière. Nous espérons que des hérons se percherons dessus pour se toiletter ou pêcher et pourquoi pas un martin prenant la pose.


   Plus lointaine une ligne de saules paraît abriter des Grandes Aigrettes car je devine deux taches blanches. Je n'attends pas longtemps pour voir effectivement des oiseaux s'activant. C'est loin mais je déclenche quelques rafales pour voir si ces oiseaux sont bagués (voir ancien article de 2017 sur des Grandes Aigrettes baguées). Bingo ! deux oiseaux sont bagués avec des couleurs qui ne laissent aucun doute. Dans quelques temps j'aurai la réponse Loïc Marion responsable du baguage et connaîtrai leur lieu de naissance et leur âge.









    Je n'attends pas longtemps avant qu'un cendré se perche sur le saule couché. Magnifique ! A cette époque les becs sont orangés et les plumes nuptiales ne sont pas usées. Il commence un brin de toilette.





   Finalement, la proximité ne facilite pas la mise au point, car le sujet bouge souvent et il est compliqué de choisir le bon collimateur dans le viseur. Avec un appareil plus évolué et beaucoup plus cher, j'aurais sans doute de meilleurs résultats mais ma femme n'est pas d'accord ainsi que mon banquier qui font fi de considérations techniques


   Ceux que j'espérais arrivent, des Ibis falcinelles. Six oiseaux descendent directement dans la colonie, un seul reste légèrement visible mais à contre-jour je ne suis pas sûr qu'il soit adulte. Je n'ai même pas le temps de faire une correction d'exposition qu'il rejoint ses congénères plus bas. Leur présence ne suffit pas pour le moment à dire qu'ils seront nicheurs, ces oiseaux sont assez nomades, mais ils ont niché l'année dernière sur un autre secteur de la héronnière. Alors je croise les doigts.



   Dans l'enchevêtrement des branches, je tombe sur un couple de Bihoreau gris. Ces oiseaux nichent plus bas dans les saules et il est difficile de bien les observer à proximité de l'affût, même s'ils sont très nombreux à Goulaine.
Le saule couché les attirera peut-être.
  Au pied du mirador une foulque profite de la placette et s'active en recherchant sa nourriture. Elle plonge pour arracher des pousses de roseau, dont elle mange la partie blanche et tendre.



   Les heures passent et il est temps de rentrer. Du grand peuplier mort décolle un rapace, un faucon, un pèlerin ! Un immature. Le zoom est dans son bidon étanche, dans le sac étanche. Je n'essaye même pas de le sortir et je profite simplement du spectacle.


Jean-Luc le Pieux

jeudi 31 janvier 2019

Le gouvernement autorise le braconnage des oies en février

Comme on s'y attendait, après que notre pseudo ministre de de la transition écologique et solidaire ait autorisé la poursuite des chasses traditionnelles, après qu'il ait renoncé à faire extraire les déchets de Stocamine, le voilà maintenant qu'il valide (en infraction avec la Directive Oiseaux), la prolongation de la chasse à l'oie durant le mois de février, en incluant les oies rieuses et des moissons, qui ne sont même pas concernées par le prétexte fallacieux imaginé par les chasseurs et leur lobbyiste Thierry Coste.
En effet, ces derniers accusent à tord les oies cendrées migratrices survolant la France, de commettre des dégâts aux cultures des pays-bas : ce qui est contredit par les études scientifiques.
Oies cendrés, le Marillais  ©

Lire le communiqué de presse de la LPO


Mise à jour : Le 11 février, les oies sont toujours chassées dans certains départements, malgré un arrêt du Conseil d'état en date du 06 février 2019.

André

samedi 19 janvier 2019

Pérégrinations de laridés

   Le 17 octobre 2018, nous arpentons la pointe de St Gildas à Préfailles. Comme d'habitude, un reposoir de laridés occupe le platier à découvert. Nous observons attentivement le groupe à la recherche de l'espèce rare ou à défaut, d'un individu bagué.

  
   Un goéland brun retient notre attention, il est porteur d'une bague couleur avec un code alphabétique. Le goéland est lointain et il est impossible de lire le code, nos longues-vues n'étant équipées que de d'objectifs grossissant 30 fois. Heureusement j'ai sur le dos mon matériel photographique avec un zoom à fort grossissement. Après une approche de «sioux», je suis assez près pour lire les lettres du code quand je recadre l'image sur l'écran arrière de mon boîtier, CWX. Ce n'est pas la photo du siècle mais c'est suffisant pour une identification certaine.


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  Un peu plus loin une Mouette mélanocéphale est aussi porteuse d'une bague que j'arrive à photographier. En voulant réduire davantage la distance qui me sépare des oiseaux, je risque de faire envoler tout le reposoir, je fais marche arrière toujours en me dissimilant au maximum. Mes précautions ne servent pas à grand chose puisqu'un promeneur avance sur le platier et disperse tous les laridés...


     Quelques temps après (d'accord, j'ai mis deux mois) je me plonge sur internet pour trouver des renseignements sur ces programmes de baguage.
Un site : European Couleur-Ring Birding, me permet après quelques tâtonnements de trouver les bon programmes.



    Un autre site, dédié au Mouettes mélanocéphales : Mediterranean Gull coulour-ring codes, permet de retrouver aussi des responsables de programme.



    Après mes recherches, j'envoie deux mails aux deux responsables de ces marquages. Les réponses ne se font pas attendre. Le goéland brun a été bagué en Angleterre et la Mouette mélanocéphale en France.

Notre Goéland brun

   C'est un grand voyageur, il a été bagué dans le comté du Gloucestershire à environ 150km à l'ouest de Londres. Il a été bagué 23 février 2008, sans précision sur son âge. Le tableau que j'ai reçu, fait mention de 22 relectures de sa bague CWX.
  • 18/11/08 le Tanchet, les Sables d'Olonne, Vendée 602km
  • 03/10/09 Sion sur l'Océan, les Sables d'Olonne, Vendée 580km
  • 08/10/09 le Tanchet, les Sables d'Olonne, Vendée 602km
  • 22/10/09 le Tanchet, les Sables d'Olonne, Vendée 602km
  • 26/09/10 Pointe de st Gildas, Préfailles, Loire-Atlantique 533km
  • 10/01/11 Gloucester, Gloucestershire, Angleterre 16km
  • 19/10/12 l'Amandeche, les Sables d'Olonne, Vendée 606km
  • 26/10/12 le Tanchet, les Sables d'Olonne, Vendée 602km
  • 14/11/12 Champteusse sur Baconne, Maine et Loire 487km
  • 15/11/12 Champteusse sur Baconne, Maine et Loire 487km
  • 17/01/13 Horsehay, Telford and Wrekin Angleterre 84km
  • 22/01/13 Horsehay, Telford and Wrekin Angleterre 84km
  • 24/01/13 Horsehay, Telford and Wrekin Angleterre 84km
  • 18/08/13 plage de Kernigou, Tregoat, Finistère 478km
  • 23/08/13 Kerrest, Plozevet, Finitère 471km
  • 06/10/15 le Tanchet, les Sables d'Olonne, Vendée 602km
  • 02/11/15 le Tanchet, les Sables d'Olonne, Vendée 602km
  • 16/11/15 le Tanchet, les Sables d'Olonne, Vendée 602km
  • 12/10/16 le Tanchet, les Sables d'Olonne, Vendée 602km
  • 09/11/17 Lacanau, Gironde 782km
  • 17/10/18 Pointe de st Gildas, Préfailles, Loire-Atlantique 533km
  • 22/11/18 Champteusse sur Baconne, Maine et Loire 487km

Les différents points de contrôle : Les trajets représentés ne relient que les points de lecture et ne représentent pas les pérégrinations réelles de ce goéland

   Que pouvons nous en tirer comme conclusions ?

   Cet oiseau a déjà vécu 10 ans et 272 jours au minimum à partir de son baguage. Et comme il a été bagué en février 2008, on peut logiquement supposer qu'il n'était pas poussin et que nous pouvons lui rajouter au moins 9 mois de vie s'il est né au printemps 2007.

Dans ses stationnements français, il est assez fidèle aux mêmes lieux.

-Les Sables d'Olonne sont visités en automne 2008, 2009, 2012, 2015, 2016 avec 10 observations.
-La pointe de St Gildas en automne 2010 et 2018
-Champteusse sur Baconne en novembre 2010 et 2018. Il y un centre d'enfouissement de déchets sur cette commune.

   Les données anglaises sont hivernales en janvier 2011 sur un site et sur un site différent en 2013.

   Les deux seules données d'été sont dans le Finistère en août 2013.

   Aucune donnée de printemps en période de nidification n'est disponible. On ne sait donc pas où il niche. Mais comme les données de fin d'hiver se trouvent en Angleterre on peut supposer qu'il nidifie dans ce pays. Quand on connaît la passion des ornithologues anglais, il se rend sans doute sur un lieu difficile d'accès et passe inaperçu.

   Malgré sa taille et une bague bien visible, ce goéland n'est pas signalé si souvent, aucune donnée en 2014. Bien évidemment, une bague n'est pas une balise GPS et ne dépend que de l'intérêt que portent les ornithologues à ce travail scientifique. Sur le tableau reçu, je m'aperçois que les données vendéennes ne sont transmises par deux personnes.
   Même une mauvaise photo avec un smartphone à travers l'oculaire d'une longue-vue peut apporter beaucoup de renseignements sur la vie d'un oiseau. Faites des essais et tenez-vous prêt pour la prochaine apparition du CWX.


La Mouette mélanocéphale RU1P

   Notre mouette a été baguée poussin le 28/06/2016 à Lanchères à la maison de l'oiseau dans la Somme. 

   Ensuite, elle suit sans doute un camping-car de retraités et se retrouve au Maroc vers le parc national de Tamri le 28/01/2018.

vue du parc national de Tamri au Maroc, c'est sec !

   Le 21 mai de la même année elle stationne au polder de Sébastopol, Vendée et y est encore notée le 23/06/2018. Elle a l'âge de se reproduire.

   Le 17/10/2018, je la photographie à la pointe de St Gildas, Préfailles, Loire-Atlantique.

   Vu son jeune âge, il n'est pas encore possible d'en tirer beaucoup de conclusion. Mais c'est quand même une belle voyageuse. Baie de somme/Maroc 2400km environ en ligne droite.

   Il est dommage de ne pas avoir plus d'articles en français de la part des bagueurs sur leurs travaux surtout récents.

   La Mouette mélanocéphale est une acquisition relativement récente de notre avifaune nicheuse. A l'origine, cette mouette était nicheuse en Mer Noire, en Turquie et en Grèce. C'est en 1965 que les premiers couples s'installent en Camargue. Mais c'est dans les années 80 que son expansion commence en France.
   Dans l'atlas de 1985-89, elle niche dans 9 départements. Aujourd'hui, sa répartition est beaucoup plus large avec plus de 25 départements mais ce ne sont souvent que quelques couples dans des colonies de Mouettes rieuses.
   Les nicheurs des pays de la Loire atteignent en 2011-2012, environ un quart des effectifs français. Mais le nombre de reproducteurs peut fluctuer rapidement en Vendée, on passe de 2367 couples en 2011 à 1635 couples en 2012. Cette même année, la Loire-Atlantique accueillent 15 couples sur Grand-Lieu et la Brière.
   Le meilleur site pour observer une colonie de Mouettes mélanocéphales en reproduction, est le polder de Sébastopol sur l'île de Noirmoutier en Vendée (accès libre).

Jean-Luc Lorfèvre 

 A lire:
ETUDE D’UNE COLONIE DE MOUETTE MELANOCEPHALE Larus melanocephalus EN BASSE VALLEE DE LA MARNE : PREMIERS RESULTATS
http://medgull.free.fr/papers/LePasser42-2(2005)108-116.pdf

De nombreux articles en anglais sont disponibles sur ce site en cliquant sur PAPERS dans le menu.

samedi 5 janvier 2019

Une vasque comme couffin


   Après des jours de grisaille, il fait beau ce jeudi 3 janvier,  il est temps de nous remuer. Mais pas de voiture, nous partirons à pied de la maison. Circuit habituel, nous descendrons sur la Divatte, remontrons un vallon boisé et terminerons par les vignes.
   Le vallon boisé est parcouru par un ruisseau temporaire creusé parfois profondément. De mini- cascades forment quelques vasques où l'eau persiste entre les pluies. Je vais y jeter un coup d'oeil. Depuis la berge surplombante, sur le fond à travers l'eau claire, une brindille attire mon attention. Avec les jumelles je distingue une larve de Salamandre tachetée. Je descends jusqu'à l'eau et fouille du regard le fond de la vasque et je trouve une deuxième larve. Elles sont de petite taille et ne peuvent avoir été pondues que récemment. En général, c'est plutôt à la mi-janvier que se produisent les premières pontes et par des nuits douces. Un ami, que je viens de consulter, me dit avoir trouver le 18 décembre dernier des larves de salamandres près de Bordeaux (33). La naissance des miennes date sûrement de décembre quand le temps était clément. Vu leur taille, elle ne peuvent pas dater du printemps précédent. J'ai bien fait de regarder par acquis de conscience. Je visite une autre vasque juste en amont et je découvre encore trois larves.

Larve de Salamandre tachetée

   Je me demande comment elles peuvent survivre en cette saison dans ces eaux sans grande nourriture, en apparence. Je devrais suivre leur évolution au cours de la saison, c'est près de chez moi et je m'encroûte à la retraite !
   Les salamandres adultes ne vivent pas dans l'eau, ce sont des animaux terrestres mais elles recherchent en général la fraîcheur des sous-bois. A partir d'octobre par des nuits douces et pluvieuses, les mâles s'aventurent à la recherche des femelles. L'accouplement des salamandres est terrestre. Le développement des œufs se déroule dans le ventre des femelles. Elles ne vont à l'eau que pour y pondre. Les œufs éclosent au moment où ils sont expulsés, juste avant ou après. Les larves déjà formées ont une grosse tête avec une touffe de branchies de chaque côté du cou, leurs quatre pattes, leur queue. On pourrait les confondre avec des larves de tritons mais une tache jaune à la base de chaque patte les en distingue.

Larve de triton sp, notez la tête triangulaire

   Le développement et la métamorphose des larves dépendent de la nourriture disponible, deux à trois mois minimum sont nécessaires pour voir une minisalamandre sortir de l'eau.
   Une fois hors de leur berceau aquatique, divers dangers guettent notre amphibien. Les carabes, gros coléoptères qui arpentent les forêts, les attaquent volontiers. Ensuite viendra le danger de la traversée des routes avec la circulation routière.

   En Loire-Atlantique, la Salamandre tachetée est pratiquement présente sur tout le territoire mais c'est un amphibien difficile à observer. Nocturne, il faudra la rechercher par les nuits pluvieuses et ce sont ses larves qui seront le plus faciles à découvrir dans les petits ruisseaux, flaques, abreuvoirs, lavoirs ... 


(Photos de larves d'après de vieille diapositives)

Jean-Luc Lefrançois (1er)


A lire: 
-Revue la Salamandre n°248 d'octobre novembre 2018
-Les Amphibiens et les reptiles de la Loire-Atlantique à l'aube du XXIe siècle (Editions de mare en mare)