samedi 11 février 2017

Chroniques de la Bréhardière : Portraits d'oiseaux

    L’hiver est toujours pour moi une période où je mets l’ornithologie de terrain en sommeil. Bien sûr, je fais quelques sorties en bord de mer mais je ne parcours pas notre secteur CEPS à la recherche d’oiseaux. Je suis fainéant et guère curieux à cette époque.
   Je me contente de regarder les oiseaux aux mangeoires. Et ces oiseaux pourtant communs, si souvent observés, me procure un véritable plaisir. Je passe de longs moments à les regarder vivre au lieu de bricoler, jardiner, ranger…
   Chaque matin, c’est le même rituel. Pendant que je déjeune, les premiers verdiers arrivent et attendent que la mangeoire soit remplie. Je n’utilise pas de mangeoire silo car ces granivores me coûteraient une fortune en tournesol. Deux mesures par jour, une troisième en début d’après-midi quand le froid est trop vif.  Les plus agiles se posent sur les boules de graisse pour l’apéritif avant mon passage.





   Les verdiers sont des bagarreurs et ils passent souvent plus de temps à chasser leurs congénères qu’à manger.
   Parfois la bande de verdiers compte une trentaine d’individus et je me demande toujours si ce sont les mêmes qui fréquentent mon restaurant. En l’absence d’oiseaux bagués, difficile de répondre à cette question. Je n’ai qu’un début de réponse : l’année dernière un verdier leuciste est apparu au courant de l’hiver, je ne l’ai vu que deux jours.  Faisait-il partie d’un groupe de passage ? C’est fort probable.

   

   Mésanges bleues et charbonnières sont difficiles à compter. Sans cesse en mouvement, elles passent de la mangeoire suspendue derrière la maison à la mangeoire plateau devant la maison. J’ai obtenu un maximum de 8 individus pour chaque espèce. Elles aussi ne laissent pas facilement leur place à la mangeoire ou sur les boules. Au lieu de rester sur les mangeoires, elles prennent une graine et vont la décortiquer un peu plus loin. Cette stratégie leur permet d’éviter d’être déranger pendant leur travail. Mais quand on compte le nombre d’allers et retours qu’elles effectuent sur plusieurs dizaines de mètres pour être tranquilles, je me demande si elles ne gaspillent pas l’énergie qu’elles viennent d’accumuler en picorant cette graine.


   Je n’ai vu la mésange nonnette qu’une seule fois pendant quelques jours il y a quelques années. Sa stratégie était différente : elle avalait 2 ou 3 graines de tournesol, en prenait une dans le bec et partait les manger ou les cacher plus loin. J’avais déjà remarqué cette façon de faire quand j’habitais l’Essonne.


   Peu de chardonnerets fréquentent mes postes de nourrissage. Le plus souvent ce n’est qu’un individu, voir trois au maximum. Pourtant dans les vignes, de l’autre côté de la route, ce sont souvent des bandes de plusieurs dizaines d’individus qui exploitent les végétaux non désherbés.


   Les Pinsons des arbres sont le plus souvent à terre pour récolter les miettes que font tomber les verdiers, les graines de tournesol sont trop grosses pour la forme de leur bec. Ils préfèrent des graines plus petites. Certains viennent picorer les boules en voletant, là aussi la dépense d’énergie doit être plus grande que le bénéfice. Certains sont plus malins et savent s’accrocher aux petits filets verts.




   Au sol, un couple de traîne-buisson picore lui aussi les miettes qui se désagrègent des boules. Son bec d’insectivore ne permet d’éclater les cosses des tournesols, aussi je répends un peu d’un mélange de céréales concassées. Ces Accenteurs mouchets ne vivent pas en bandes, c’est le couple du jardin. Ce matin, malgré le froid son chant retentit dans le jardin, simple mais mélodieux d’où son nom Prunella modularis, modularis pour modulé et Prunella pour rappeler la couleur violette de la prune.


   Robin, le rouge-gorge vient aussi récupérer quelques miettes au sol, parfois il arrive à se percher pour picorer une boule, ou alors il préfère le petit pot de margarine sur la mangeoire plateau.


   Cette année par encore de visiteur rare. Pas vu la queue d’un Tarin des Aulnes ou d'un Pinson du nord. Les populations hivernantes de ces espèces sont assez fluctuantes. Suivant les ressources alimentaires des régions où ils se reproduisent, ils peuvent apparaître en plus ou moins grand nombre chez nous certaines années.



   Cette année aussi, pas de Bruant zizi ni de Pic épeiche, pourtant des individus traînent dans le jardin mais ne semblent pas attirés par le nourrissage; c’est qu’ils trouvent leur pitance ailleurs, tant mieux.


   Si la pose d'une mangeoire est un acte pour aider les oiseaux à passer l'hiver, c'est aussi un moyen de mieux connaître les espèces qui fréquentent votre jardin et ceux des voisins et l'occasion de parfois découvrir une nouvelle espèce plus rare.

Jean-Luc Legrainetier



lundi 10 octobre 2016

Chroniques du Cellier: le Pic mar

    Ce 5 octobre, nous allons JC (rien à voir avec le Christ) et moi faire une petite promenade au Cellier dans une coulée verte qui part de la Loire. Balade sans but précis mais j’ai emmené mon filet pour les orthoptères à tout hasard.
    Nous remontons le vallon dont le fond est constitué d’anciennes prairies plutôt abandonnées ou rarement pâturées. Certains chênes qui les bordent sont centenaires et tranchent avec les autres arbres assez chétifs. Nous entendons quelques martèlements qui proviennent peut-être de sittelles que nous entendons. JC repère un pic épeiche sur un des ces chênes vénérables. Mais rapidement sa calotte rouge et ses flancs tachetés nous révèle une surprise; c’est un Pic mar, Dendroscopos médium, l'oiseau qui abat les arbres. L'espèce est surtout inféodée aux vieilles chênaies du nord du département. L’observation est  malheureusement de courte durée. Nous sommes contents de cette rencontre inespérée, moi qui partait pour le seul plaisir de la marche.
    Derrière le chêne de la planche à Marion, arbre sénescent de trois cents ans, nous pénétrons dans la prairie fauchée pour que je puisse donner quelques coups de filets à la recherche de criquets. Les criquets des pâtures, Pseudochorthippus paralellus, sont nombreux mais rapidement je repère un criquet avec le bout des antennes blanc, le Gomphocère roux, Gomphocerippus rufus, cette espèce que j’ai découverte sur la Varenne au début septembre à 3 km de là. Ce gomphocère est connu seulement dans le nord-est de la Loire-Atlantique. Décidément cet après-midi se déroule sous les meilleurs auspices.
Toutes les données de Gomphocère roux dans la base
    Sur le plateau, nous entendons un cri caractéristique du Pic noir, JC tente une repasse avec son smartphone mais il est clair que celui n’est pas assez puissant car le pic n’y répond pas. J’ai découvert, il y a presque 20 ans, les loges de ce pic dans le parc du Château de Clermont situé à 1,5km. JC l’entend occasionnellement dans la coulée derrière chez lui également au Cellier.

   Revenu à la maison, j’ouvre la base Faune Loire-Atlantique et je recherche les données de Pic mar. Je m’aperçois que cet oiseau à déjà été observé aux alentours du Château de Clermont en avril 2015 et février 2014. Voilà une idée de prospection pour l’année prochaine à la fin de l’hiver.
Toutes les données de Pic mar dans la base
Jean-Luc Le Bûcheron

vendredi 7 octobre 2016

Les chroniques de la Bréhardière : la Batbox

    En ce début d’octobre, je profite d’un après-midi ensoleillé pour faire le tour du jardin à la recherche d’orthoptères. Cette année la sécheresse a certainement freiné le développement de cette population d’insectes. Dans le jardin l’herbe verte est plutôt rare, aujourd’hui devant mes pas peu de criquets sauteurs. Euchorthippus declivus, Omocestus rufipes, Chorthippus biguttulus, les criquets habituels mais ce que je cherche ce sont des decticelles et je me suis muni d’un détecteur d’ultrasons batbox. Cette petite boîte électronique permet de transformer les fréquences inaudibles pour nos oreilles humaines en fréquences audibles. A l’origine ce dispositif est fabriqué pour entendre les ultrasons émis par les chauves-souris, d’où son nom anglais.

    Sur le côté, une molette permet  d’inspecter la plage de fréquences entre 9.1 kHz (kilo Hertz) et 142.5 kHz.  Un écran permet de visualiser la fréquence du balayage. L’oreille humaine peut percevoir, en théorie, des fréquences entre 20hz et 20.000Hz (20kHz) mais en vieillissant les fréquences hautes ne sont plus perçues. L’environnement sonore où nous vivons agresse notre sensibilité auditive. Les bruits de la ville, les usines où nous travaillons, nos écouteurs placés dans les oreilles, nos soirées en boîte de nuit en sont responsables.
    Je parcours donc le jardin en balayant les friches avec ma batbox et rapidement un crépitement se fait entendre. En orientant de gauche à droite la box, le son diminue ou augmente et me permet d’avoir un azimut de l’émission mais malgré plusieurs minutes de recherche autour de ces herbes sèches, impossible d’en découvrir la provenance.
    Je repars en quête plus loin. Le même crépitement, situé dans les mêmes fréquences, de la même façon j’arrive à avoir un azimut mais je n’arrive pas à détecter la bestiole. Le son paraît venir du haut des herbes mais je ne vois rien. De nombreuses inflorescences sèches de carottes sauvages et de centaurées se balancent devant moi, j’oriente le détecteur dans cette direction et diminue sa sensibilité pour être plus précis dans mon repérage. Pas de doute, le son vient des fleurs recroquevillées. Je les détaille une par une et je finis enfin par découvrir un mâle de Decticelle carroyée, Tessellana tessellata, en train de striduler car je vois ses tegmina bouger. Quand j’éteins le détecteur je ne perçois aucun son, j’approche lentement mon oreille de la decticelle et à seulement vingt centimètres j’entends le frottement des tegmina. Je continue ma prospection et trouve deux autres tessellata.
Tessellana tessellata mâle
    Dans le pêcher, une Grande Sauterelle verte chante ; je n’ai pas besoin de détecteur pour l’entendre mais la box permet de la repérer plus précisément. Cet appareil est utile pour les personnes dont la sensibilité de l’oreille baisse même avec des fréquences audibles.
Phaneroptera nana
Je capture à la main un Phanéroptère méridional, Phaneroptera nana, que je photographie. Ses stridulations sont des cliquetis de fréquences élevées émis principalement la nuit. Bien que coopératif, il n’a pas envie de chanter. D’autres sauterelles sont uniquement repérables avec ce genre de détecteur mais je ne suis pas encore aguerri à ces prospections, avec le temps et du travail on s’améliore.

Jean-Luc Fabre

mercredi 14 septembre 2016

Sortie Orthoptères du 10 septembre à la Varenne

    Temps gris cet après-midi pour changer de ce ciel toujours bleu et risque d'ondées. Nous nous retrouvons au bord de la boire près du camping municipal. Tous les participants sont à l'heure, nous descendons vers le lit sableux et effectuons les premières captures. La pluie s'invite rapidement et nous trouvons refuge sous un frêne têtard comme parapluie.  
    Après les généralités sur la différenciation des sauterelles et des criquets, nous commençons l'identification de nos prisonniers. Pour débuter, nous nous servons de la clé de détermination du cahier technique édité par la fédération des clubs Connaître et Protéger la Nature (CPN).

    Ce petit guide est un bon moyen de débuter dans l'identification des orthoptères. Bien sûr, la clé ne permet pas de reconnaître toutes les espèces mais elle permet d'arriver au moins au genre, ce qui n'est pas si mal.
    Nous détaillons nos criquets et le premier nom compliqué est utilisé: pronotum. C'est la sorte d'armure ou corselet qui protège la première partie dorsale du thorax. Sa forme, ses nervures appelées carènes sont primordiales dans la détermination de nombreuses espèces. Un tegmen, des tegmina: là encore, ce nom scientifique intervient souvent dans les clés. Ce sont les ailes antérieures qui recouvrent les les ailes postérieures comme des élytres.
    Après quelques hésitations, le nom d'espèce de nos deux captifs est trouvé: Euchorthippus declivus, le Criquet des Bromes. C'est un criquet très commun que l'on rencontre dans les prairies, les pelouses.
Criquet des Bromes femelle
Dernier segment de l'abdomen en pointe pour le mâle
    Deux très belles sauterelles femelles de grande taille font découvrir aux participants un étrange appendice à l'extrémité de leur l'abdomen. C'est l'oviscapte ou ovipositeur, sorte d'épée ou de sabre, qui ne sert en rien d'arme mais à déposer les oeufs dans les végétaux ou le sol. La forme de l'oviscapte permet de différencier certaines espèces proches. La tête en coin de nos deux femelles permet de nous diriger vers le genre conocéphale, c'est bien de connaître l'étymologie des noms scientifiques. Nous avons donc deux Ruspolia nitidula, Conocéphale gracieux. Le chant des mâles de cette espèce est un bourdonnement aigu situé dans des fréquences non audibles pour les oreilles vieillissantes.

Conocéphale gracieux femelle
Conocéphale gracieux mâle
Un coup de filet nous propose une autre conocéphale beaucoup plus petit. Nous avons le choix entre deux espèces. Nous nous servons d'un nouveau cahier pour le déterminer : Détermination des Orthoptères de Vendée. Ce cahier possède une clé très simplifiée. Pour chaque espèce, 2 ou 4 photos avec des lignes chiffrées permettent de repérer les critères essentiels de reconnaissance. Comme les espèces de Vendée et du 44 ou du 49 sont presque les mêmes, c'est un excellent outil rapide. 
    Nous déterminons un femelle de Conocephalus fuscus, Conocéphale commun ou bigarré, espèces commune dans les lieux humides.
Femelle de Conocéphale commun

    Nous arpentons le sable de la boire à la recherche d'une espèce rare en dehors de ce milieu. C'est un Criquet très farouche qui s'envole vite et loin. Nous finissons quand même par lui faire visiter notre boîte plexiglass. Aiolopus thalassinus, l'Aïolope émeraudine, les mâles sont plus difficiles à repérer que les femelles par leur livrée très cryptique. Pourtant, nous n'arrivons pas à capturer de femellle mais une larve qui laisse dubitatifs les participants quant à son identification.
Mâle d'Aïolope émeraudine
Larve de d'Aïolope émeraudine
    L'heure passe et nous changeons de lieu pour découvrir d'autres espèces. Nous pénétrons dans un milieu sec, c'est un ancien remblai effectué sur une zone humide, vive la protection de la Nature.
Une sauterelle d'un nouveau genre est capturée. Une Decticelle de petite taille facilement identifiable grâce au carroyage de ses tegmina: Platycleis tessellata, La Decticelle carroyée. Là encore son nom scientifique donne une piste pour sa détermination. Tessellata comme les tesselles: les petits carreaux de mosaïque, merci Nathalie pour ta culture.
Decticelle carroyée mâle
Decticelle carroyée femelle avec son oviscapte court
    Une stridulation audible nous dirige vers une autre decticelle, la bariolée, Roeseliana roeslii. Ses ailes sont beaucoup plus courtes que son abdomen.
Decticelle bariolée femelle
Decticelle bariolée mâle
     Nous changeons encore de milieu. Le long de la route des stridulations courtes attirent mon attention, ce sont des Decticelles cendrées mâles, Pholidoptera griseoatera. Malgré quelques recherches, impossible de les voir. Comme elles se tiennent dans les broussailles et les ronces, nous ne pouvons pas donner de coup de filet. 
Decticelle ou Pholidoptère cendrée mâle
      Tant pis, nous continuons vers le marais praticable en cette saison.
   Un papillon attire mon attention, je pense à un Petit Sylvain. Une fois capturé, c'est Christophe qui a la réponse, c'est une Carte géographique, oui c'est son nom vernaculaire, Araschnia levana. La première génération de ce papillon est orange avec des taches noires et la seconde est totalement différente: noire avec des bandes blanches et oranges; bizarrerie de l'évolution. Sa chenille vit sur l'Ortie dioïque. Protégeons les orties !
Carte géographique, deuxième génération
    Sur la partie sèche de la prairie, le chant de l'Ephippigère carénée, Uromenus rugosicollis se fait entendre mais l'insecte est prudent et se tait à notre approche. Malgré sa grosse taille impossible à voir. 
Ephippigère carénée mâle
    Plus facile à observer, les Criquets des pâtures, Chorthippus parallelus, se reconnaissent à leurs ailes plus courtes surtout pour les femelles. Une femelle de morphe pourprée finit dans notre boîte loupe. 
Criquet des pâtures mâle
Criquet des pâtures femelle, morphe pourprée
    Dans la végétation hygrophile (qui aime les lieux humides), nous ne tardons pas à capturer le magnifique Criquet ensanglanté, Stetophyma grossum. Les femelles sont souvent maculés d'un rouge pourpre qui donne son nom à l'espèce. Ce criquet est inféodé aux milieux humides et devient très menacé par la gestion de ces zones. Nous entendons son chant qui est réduit à des clics sonores.
Criquet ensanglanté mâle
Criquet ensanglanté femelle
    Voilà déjà quatre heures que nous somme sur le terrain et nous n'avons fait que trois endroits. Nous avons pu découvrir ou entendre une dizaine d'espèces d'orthoptères, ce qui est peu dans le monde des insectes. Mais c'est un début et l'année prochaine le CEPS proposera encore une sortie Orthoptères mais sur un autre site. A l'année prochaine.

Toutes les photos de cet article ont été prises pendant d'autres sorties sur des secteurs proches

Jean-Luc Fabre




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samedi 3 septembre 2016

le Grand Indicateur

    Ecoutez en podcast, sur France-Inter, l'excellente émission "Sur les épaules de Darwin" de Jean-Claude Ameisen: "Une ancienne alliance entre un oiseau et les humains".
    Emission consacrée aux relations entre un oiseau, le Grand Indicateur, et des chercheurs de miel menés par ce volatile jusqu'aux nids des abeilles sauvages.
https://www.franceinter.fr/emissions/sur-les-epaules-de-darwin/sur-les-epaules-de-darwin-03-septembre-2016
Une émission à écouter tous les samedis matin à 11h00.
Jean-Luc Galène

vendredi 2 septembre 2016

Prochaine sortie du CEPS, samedi 10 septembre 14h00, les Orthoptères à la Varenne 49

    A la découverte des Orthoptères (sauterelles, grillons, criquets). Un après-midi pour découvrir ces insectes, savoir utiliser des guides, une clé de détermination. Nous capturerons des insectes, les identifierons, les photographierons puis les relâcherons. Quelques heures à quatre pattes le nez dans l'herbe.
    Inscription au 02 40 06 37 76, sur le mail du ceps (à droite sous le programme du groupe) ou à la LPO44 au 02 51 82 02 97 l'après-midi.




Chroniques de la Bréhardière : la Zeuzère du poirier

    Fin juillet, je marche le long du fossé tondu devant chez moi. Mon regard est attiré par une forme blanchâtre sur l’herbe déjà sèche. C’est un papillon de nuit mort que je ne connais pas, normal vu qu’il en existe des milliers d’espèces. Les poils blancs, de son thorax et des premiers segments de son abdomen, forment comme une toison. Comme un retraité a du temps (en théorie), je vole jusqu’à ma bibliothèque et m’empare du guide des chenilles d’Europe de chez DN. Je feuillette les pages et à la p.162 planche 16, je trouve mon bonheur : la Zeurère du poirier, Zeuzera pyrina pour les intimes.

    Direction le texte p.28 où j’apprends avec effroi que les chenilles, après avoir grandi, pénètrent dans le bois des poiriers, entre autres, en forant des galeries. Leur vie larvaire dure deux ou trois ans avant d’émerger en juin-juillet. Je fonce faire le tour de mes poiriers mais je ne détecte aucune trace suspecte de sciure qui s’échapperait d’une galerie. J’ai déjà la sécheresse, pas besoin des chenilles de ce joli papillon dans mon mini-verger.
Jean-Luc Fabre

A mettre dans toutes les mains