mercredi 18 mars 2020

NON au projet d’ENTREPOTS DÉMESURÉS de GOODMAN au LOROUX BOTTEREAU

A proximité de Nantes, dans la ZAC du Plessis au Loroux Bottereau, doivent se construire en 2020-2021 deux entrepôts de respectivement 22 000 m² et 50 000 m² sur un espace agricole de 19 ha jusqu’alors exploité.
Stockage sur 72 000 m² = plus de 7 terrains de football
Ce projet de plate-forme logistique "en adéquation avec le e-commerce" [1] est porté par le géant australien GOODMAN. Ces entrepôts risquent d’endommager lourdement l’environnement et de générer une situation plus accidentogène sur des routes départementales inadaptées à un flux important de circulation de poids lourds.
au moins 420 poids lourds supplémentaires par jour
Selon les chiffres officiels mentionnés sur l'arrêté préfectoral du 19 août 2019 [2] le nombre de passages journaliers prévus pour la desserte de ce projet GOODMAN est de 600 véhicules légers et 420 poids lourds. Même sur cette base inférieure à nos estimations pour les véhicules légers, un tel flux nous parait inconcevable ; d'autant qu'il convient d'y ajouter la prochaine activité de Mondial Relay (entrepôt de 5 000 m² sur le même site) et le contexte d'incertitude du ou des futur(s) locataire(s) de GOODMAN avec son éventuel lot de véhicules prestataires. [3]
Danger +++ sur des routes sous dimensionnées, déjà saturées et accidentogènes...
La circulation exponentielle générée par ce flux de poids lourds est inimaginable au regard des routes qui desservent cette zone. Principalement, la RD 115 et son prolongement vers Ancenis sont sous dimensionnés[4], saturés aux heures de pointe et accidentogènes. Régulièrement l’hiver, sur cet axe fréquenté aussi par les engins agricoles et les cars scolaires, certains camions finissent au fossé. Les cyclistes ne le fréquentent plus que le dimanche depuis bien longtemps.
...avec la traversée de Landemont et St Laurent de Autels
De nombreux hameaux bordent cette "2 voies" avec des sorties directes sur la route dans une configuration dangereuse. Situés aussi sur l’itinéraire prévu par GOODMAN pour rejoindre l’A 11, les villes de Landemont, St Laurent des Autels qui n’ont pas de contournement routier et le pont d'Ancenis devront supporter la traversée d’une noria de poids lourds. Avec tous les dangers que cela comporte pour leur population !
Impact +++ sur la santé et l'environnement...
Bétonisation d’espaces agricoles, dégradation de la faune et la flore, nuisances sonores et pollution de l'air pour les riverains de l’axe névralgique Nantes- Le Loroux Bottereau –Ancenis qui passe à proximité d'écoles... Evidemment  tous les habitants de ce territoire verront leurs conditions de vie se dégrader rapidement. [5]
... pour quelle qualité d'emploi ?
Quelles seront les conditions de travail dans ces entreprises de logistique XXL ? Avec quelles répercussions sur la santé des salariés ? En contrepartie des emplois créés dans le "e-commerce", combien seront détruits dans les magasins de proximité ? [6] Ce type d'activité est très éloigné des circuits courts et de l'économie circulaire prévue par la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte. 
Première avancée : le projet d'entrepôts de 22 000 m² provisoirement "retoqué" par le préfet
GOODMAN doit déposer un dossier d'autorisation en lieu et place d'un dossier d'enregistrement pour le 1er entrepôt de 22 000 m² et le second de 50 000 m² [2]. C'est dans le cadre d'enquêtes publiques à venir que citoyens et élus pourront s'exprimer sur cette surface de stockage démesurée. 
Encore besoin de signatures 
Il est indispensable d'attirer l'attention des autorités publiques sur l'inadéquation de tels projets au regard des infrastructures routières et des enjeux environnementaux. Des installations de cette ampleur participent à l’artificialisation des sols en occultant la nécessaire lutte contre le réchauffement climatique, ses conséquences présentes et à venir.
Alors si vous partagez nos préoccupations, merci de signer et diffuser cette pétition.
Le collectif RD115 & bassin de vie Sèvre et Loire / Orée d'Anjou riverains.rd115@gmail.com 
[1] "e-commerce " évoqué dans le Procès verbal du Conseil Municipal du Loroux Bottereau (05/02/19) et Mag du Loroux (mars 2019) que nous mettons en lien avec les informations du magazine Reporterre  https://reporterre.net/Le-plan-secret-d-Amazon-en-France
[3] Nos estimations précédentes de trafic se fondent sur la superficie  des entrepôts comparativement à d'autres projets : https://reporterre.net/Amazon-grandit-l-environnement-patit
[4] Chaussée : 6.10m de large avec banquettes en déclivité sur un mètre seulement pour largeur maximale d’un camion : 2.55 m hors rétroviseurs

[5] https://www.insee.fr/fr/statistiques/4160040  La pollution de l'air due au trafic augmente les admissions aux urgences pour maladies respiratoires

lundi 16 mars 2020

Ail des ours

    C'est bientôt le printemps et l'ail des ours n'est pas en retard. Certaines stations commencent à fleurir. Celles de la Divatte ont subi des crues et se retrouvent sous une couche de boue, pas de récolte sur ces sites. Vous retrouverez la recette du pesto à l'ail des ours dans un article de l'année dernière.

samedi 14 mars 2020

Chroniques de la Bréhardière, mars 2020

   La corbeautière de la Divatte est en effervescence. Les allers et venues des oiseaux entre les vignes et les peupliers sont continuels. Certains transportent des sarments de vigne pour l'élaboration de nouveaux nids ou la consolidation des anciens. Certains ravitaillent les femelles installées sur les nids ou les défendant contre les pillards de matériaux.

 


   Des bandes de Freux arpentent les vignes à la recherche de nourriture, avec cette météo les vers de terre sont leurs proies favorites. Les oiseaux les accumulent dans leur poche gulaire avant d'aller les offrir à leur compagne.

Cliquez sur les photos pour les agrandir









  Chaque année, les couples sont plus nombreux, je devrais me dépêcher d'aller estimer leur nombre avant la pousse des feuilles. Pour le moment des tirs n'ont pas été effectués sur la colonie. Un voisin a essayé d'empêcher ces rassemblements par des tirs de fusée et de pistolet d'alarme mais les volatiles sont plus têtus que lui ! Je dois avouer que vivre à côté d'une corbeautière n'est pas de tout repos. Ces oiseaux grégaires ont besoin de communiquer par la voix et ils ne connaissent pas la grasse matinée.

Jean-Luc La Grolle


Chroniques du marais de Goulaine mars 2020

   Paraphrasant Mac Mahon, je dirais "que d'eau, que d'eau". Le niveau du marais est très haut, fortes pluies et Loire en crue favorisent cette situation. Est-ce un bon point ? Nous ne le pensons pas. Pour faire plaisir aux agriculteurs et afin de permettre à la végétation herbacée de pousser, le marais sera vidangé rapidement. Les nids flottants des grèbes peuvent se retrouver complètement penchés en s'accrochant à la végétation, les crues naturelles rapides aussi sont néfastes.

   Le premier nid de Grèbe huppé avec 3 oeufs a été trouvé le 22 février; ce jour 123 Grèbes à cou noir ont été dénombrés sur le haut-marais.
Peu de canards migrateurs, des souchets, des siffleurs, des milouins et moins d'une dizaine de pilets.

   Le 6 mars, un rapide comptage sans suivre l'itinéraire habituel, a permis de compter 99 Grèbes à cou noir dont 80 sur le même plat (étendue sans végétation ligneuse).

   Sur le bas-marais, des Ibis falcinelles survolent la héronnière, à suivre.

mardi 4 février 2020

Tribune adressé à l'Oiseau-Mag

L’oiseau magazine
Fonderies royales
17305 – Rochefort cedex


le 28 janvier 2020


Cher Rédacteur en Chef,

Les oiseaux sont des êtres de chair et de sang, ils ont des comportements sociaux particuliers, des vols différents car spécialisés dans la recherche de nourriture ; ils fréquentent des milieux spécifiques où ils se nourrissent et se reproduisent, et ils ont des interactions subtiles avec le milieu qu’ils fréquentent et dont ils partagent les niches écologiques.
Je lis l’oiseau Mag à chaque parution, mais dans la plupart des articles ou fiches d’identification les oiseaux y ressemblent à des oiseaux empaillés (posés ou en vol) comme ceux que l’on trouve dans les muséums d’histoire naturelle, ils n’ont pas de vol particulier selon qu’ils chassent ou se déplacent, ils ne mangent pas et on ne sait pas quoi, nichent rarement, et leur physionomie (ailes, pattes, becs, yeux, plumages) ne parait en aucun cas liée à leur mode de vie…
Dans le numéro hiver 2019 :
Comment identifie-t-on dans le ciel, à contre-jour ou de loin, les buses variables et pattues, de quoi se nourrissent t’elles et comment chassent-elles ? cela a-t-il des conséquences sur leur comportement, leur vol, leur physionomie ?
Le Harle Piette nage-t-il ? plonge-t ’Il ? pourquoi a-t-il un tel bec ? de quoi se nourrit-t-il ?
Le courlis cendré fait la même taille qu’un courlis corlieu, qu’une barge à queue noire, qu’une barge rousse ?
Les corvidés font presque tous la même taille, ne mangent pas, ont tous le même vol, et leur population
n’a aucune caractéristique particulière ?
Ainsi buses, Harles, Courlis, corvidés ne seraient que des oiseaux à cocher, à compter ou à photographier ? et encore posés, ou en vol proche, ou morts !
Certes je caricature un peu, mais un peu seulement.
Les ornithologues ne doivent pas être que des énarques qui statistiquent et comptent, même si ce travail est utile dans le cas des oiseaux !
Que vos rédacteurs relisent Paul Géroudet !
Que vos dessinateurs, qui dessinent comme au XVIII siècle, se replongent dans les dessins de Robert Hainard et de tous ceux qui ont suivi ! Les guides ornithos sont très bien faits aujourd’hui, très complets, alors qu’apportent vos fiches ?
Les oiseaux ne sont pas seulement des silhouettes, ou des individus à cocher / compter / cataloguer / statistiquer / photographier ou empailler !
Ils sont superbes et attachants ! Et vivants !!!

Amicalement
JC

vendredi 24 janvier 2020

Vélorution contre la 2X2 voies Beaupréau / St-Pierre-Montlimart

Bonjour à toutes-tous.
Ci-dessous message de l'ami Benjamin, naturaliste passionné et passionnant et militant inlassable de la cause environnementale.
Je suggère que vous indiquiez par un mail à FÉE d'ORÉE votre intention d'y aller ou pas, afin d'organiser des co-voiturages ?
Les naturalistes recevant ce message (suivez mon regard) seront les bienvenus pour aider Benjamin.
Journée passionnante en perspective (même s'il pleut).
Faites suivre à vos connaissances (et adhérents pour le CEPS).
Merci.
Jac Hadyhadi pour F.É.E


vendredi 17 janvier 2020

Carré rapaces, une prospection chronophage

1-L'ORIGINE DES ENQUÊTES RAPACES

 La première estimation des effectifs des rapaces nicheurs non rupestres de France a été réalisée entre 1979 et 1982 sous l'égide du Fonds d'Intervention pour les Rapaces (F.I.R) et de l'Union Nationale des Associations Ornithologiques (U.N.A.O), cet ouvrage peut être trouvé en occasion sur internet.

   Entre 2000 et 2002, une nouvelle enquête a été lancée concernant cette fois tous les rapaces nicheurs par un collectif d'associations, de muséums, d'universités, de réserves, de parcs et de services de l'état.

   L'évaluation des effectifs et de la répartition des 24 espèces de rapaces concernés sur une superficie 550 000 km² ne pouvant être exhaustive, un échantillon de plus de 2000 carrés de 25 km² chacun, répartis sur tout le territoire a été retenue. 

   L'échantillonnage s'appuie sur le maillage des cartes IGN au 1/25 000 (1cm=250m), ce qui représente en théorie 2210 quadrats. Chaque quadrat est définie par un carré situé autour du centre de la carte (coordonnées en degrés, ne correspondant pas aux carrés de coordonnées Lambert 93 utilisés pour les atlas nationaux et régionaux).  Cette surface de 25 km² est un compromis entre le temps de prospection réaliste et le domaine vital de la plupart des espèces de plaines. Chaque carte IGN 1/25 000 représente une surface d'environ 260 km², le quadrat central couvre environ 10% de la carte. Les cartes dont la majeure partie de la surface se situe sur la mer ou un pays frontalier ont été retirées, il restait donc 2046 carrés à prospecter. Et ce sont dont environ 1700 observateurs qui ont prospecté 1230 quadrats au final soit 60,1% des quadrats initiaux. 


   De ce formidable travail a été édité, aux éditions Delachaux et Niestlé, un ouvrage de référence : Rapaces nicheurs de France, Distribution,effectifs et conservation. Cet ouvrage est toujours disponible et doit faire partie de la bibliothèque de tout ornithologue de terrain.




2-CONTINUITE DES ENQUÊTES RAPACES

   Suite à l'inventaire 2000-2002, il a été proposé de poursuivre cette enquête sur une base annuelle, avec un échantillonnage plus restreint.
   Ces prospections reprennent le même protocole. 5 carrés sont tirés au sort de façon aléatoire chaque année par département. Pour que le projet soit viable, au moins un carré doit être recensé par département. Les simulations réalisées par le CNRS de Chizé, ont montré que pour les espèces les plus courantes, l'estimation de l'abondance est fiable même lorsqu'on ne travaille qu'avec 5% des carrés centraux.

   Ce suivi doit permettre de donner une tendance fiable de l'évolution des espèces nicheuses à vaste répartition. Il a donc pour but d'orienter des stratégies de conservation des rapaces et d'agir plus facilement en cas de déclin avéré.

Pour plus de précision, visitez le site: observatoire-rapaces.lpo.fr




3-PROSPECTION DU CARRE CENTRAL DE LA CARTE VALLET 1323 ouest

Le contexte

   Ce carré se situe sur les communes de la Chapelle-Basse-Mer au nord, le Loroux-Bottereau au sud et à l'ouest, Saint-Julien-de-Concelles à l'est.


carré de 5x5km divisé en carré de 1x1km
Cliquez sur les cartes pour les agrandir

  Synthèse des types d'habitats

   La synthèse des types d'habitats est traduite dans la carte qui suit. Le carré de 5x5km est divisé en carrés de 1km², eux-même divisés en petit carré de 250x250m (1cm sur la carte 1/25000).
   Pour chaque carré de 250x250m, 8 types de milieux ont été choisis pour décrire l'habitat (voir l'image suivante). Quand un type de milieu occupe plus de 50% de la surface du petit carré, celui-ci est retenu pour déterminer le type d'habitat principal et sa couleur. Les parcelles sont hétérogènes et imbriquées, mais il aurait fallu trop de temps pour décrire des carrés de surface moindre. 


Carte de la synthèse des types d'habitats

   L'urbanisation est importante avec près d'un tiers (31%) de la surface du carré (en rose).
   Le bocage homogène, donc des haies avec des arbres pour nicher, ne représente de 4%.
  Le couvert de type forestier occupe moins de 1% et est présent aux abords du lac de St Julien. Mais ce ne sont que des peupleraies ou des parcelles abandonnées devenues taillis avec peu d'arbres âgés favorables à la nidification.
   Les vignes (en violet), avec près d'un quart de la surface (21%), ne sont pas favorables à la nidification même si les rapaces les utilisent comme terrain de chasse.

Carte tirée de Géoportail, représentant les surfaces viticoles en AOC

   
   On s'aperçoit qu'au fil des années, les parcelles viticoles sont abandonnées au profit du maraîchage et de l'urbanisation.On s'aperçoit qu'au fil des années, les parcelles viticoles sont abandonnées au profit du maraîchage et de l'urbanisation.

4-L'ENQUÊTE TERRAIN 2019

   Dès février, nous sommes allés sur le terrain pour fixer l'emplacement de nos points d'observations et repérer les anciennes aires de buses variables et les nids de corvidés pouvant accueillir des faucons crécerelles.

Mise en place des points de d'observations

  L'idéal est de placer un point d'observation par carré de 1km² soit 25 points pour le carré de prospection.
   Placer le point au centre du carré n'est pas une obligation, car premièrement le centre de ce carré n'est pas toujours accessible et il n'est peut-être pas l'endroit idéal pour observer, butte cachant le paysage, bâtiments, manque d'intérêt de l'habitat. A vous de déterminer ce point suivant le terrain. Parfois il sera nécessaire d'avoir deux points par carré pour regarder de chaque côté d'une parcelle  bocagère.

Positionnement de nos 31 points d'observation

   Certains points sont situés en dehors du carré, ils permettent d'avoir une vue d'ensemble ou reculée sur un site particulier.
Certains points en milieu totalement urbains sont à laisser de côté, en cinq minutes vous auriez la gendarmerie ou la police municipale qui débarque grâce aux "voisins vigilants". 

Repérage des anciennes aires et des nids de corvidés

   Il est bon de rappeler que les buses variables construisent de gros nids de branchage et que l'aire de l'année précédente est souvent réutilisée si la reproduction a réussi et si l'environnement n'a pas changé. Les faucons crécerelles ne construisent pas de nids et utilisent des nids de corvidés quand ils nichent dans les arbres. Ils peuvent aussi nicher dans des bâtiments.
   Une fois la pousse du feuillage terminée, il est pratiquement impossible de voir ces nids sans une prospection au pied des arbres et encore, il suffit de se déplacer d'un mètre pour ne plus voir le nid. Il est donc important de localiser ces constructions quand les arbres sont nus en février et début mars. Il n'est pas nécessaire de faire cette prospection trop tôt car les tempêtes d'hiver peuvent mettre à bas les vieux nids.
  Il est important de noter précisément ces nids, car après quelques mois vous ne vous souviendrez plus de leurs emplacements et le feuillage vous les cachera.


    Vous pouvez aussi prendre des photos de nids avant la pousse des feuilles, elles vous permettront de retrouver plus facilement l'axe de l'arbre à surveiller.

Les buses aiment bien quelques arbres regroupés

Buse en visite sur un nid

   Dans des boisements, de simples photos au smartphone permettront de retrouver l'endroit exact d'où vous pouviez voir un nid. L'arbre en fourche à droite est un bon repère!



Restitution des observations

   Nous utilisons Google Maps pour retranscrire nos observations de terrain. Ces cartes satellites sont mises à jour après chaque sorties et sont partagées entre tous les observateurs du groupe.
Les quadrillages des cartes sont effectuées sur Géoportail puis importés dans Google Maps.


exemple de notation


   Le travail sur Google Maps permet de créer des calques : calque ancien nids, calque crécerelles, calque buse variable, points d'observation, etc...
Pour l'utilisation de Google Maps, cherchez un tutoriel sur internet.

   Il est important de bien connaître le terrain, de le sentir !
   Il est indispensable d'avoir des agrandissement de la carte IGN pour noter ses observations et se repérer pour les observations lointaines en trouvant des points topographiques du paysage.

Méthodes de prospection


   Nous avons utilisé deux méthodes de prospection. L'observation depuis des points fixes pendant deux heures consécutives, et oui il faut de la patience. Ainsi que le déplacement pédestre entre les points.

   Le point fixe doit permettre d'avoir une bonne vue d'ensemble sur majeure partie du carré. Vous devez avoir en tête les positions des anciens nids existants pour surveiller des déplacements à ces abords. Les buses sont très méfiantes autour de leur nid , beaucoup plus que les crécerelles. Vous serez peut-être amenés à repositionner votre point d'observation si vous gênez un couple.

   Ne croyez pas que les rapaces vont gentiment vous amener à leurs nids rapidement. Vous risquez de rester de longues heures sans rien voir de spécial vous menant à une nidification. Mais la ténacité est une des qualités de l'ornithologue de terrain. 

   Si vous passez 2 heures par mois sur chaque point, sur 4 mois vous arrivez à 200 heures sur le terrain. Vous voyez que l'opération est vite chronophage. Il faut constituer une équipe d'au moins 4 personnes pour être efficace et exhaustif dans le dénombrement. Cela dit, j'ai déjà fait un carré tout seul.

   Le déplacement pédestre est aussi intéressant du moins les deux ou trois premiers mois de la prospection. C'est moins fastidieux que de rester statique et cela de mieux connaître son terrain d'étude.


  Une fois que vous êtes sûr qu'un oiseau couve, vous pouvez laisser ce point pour vous concentrer sur un autre secteur. Vous reviendrez plus tard voir si les poussins sont nés, si vous avez un vue sur le nid, ou observer des apports de proies si le nid est invisible.


 Si vous traversez souvent le carré rapaces pendant vos déplacements automobiles, notez les observations de crécerelles perchés, volant en St Esprit, le passage d'un épervier devant votre véhicule ... Toutes ces observations seront consignées sur les cartes et pourront vous apporter des informations à recouper avec celles de terrain.


  Un faucon crécerelle qui vole comme un papillon autour d'une haie contenant un nid de corneille est un indice à creuser. Une buse qui pique dans un arbre avec du lierre n'est-elle pas en train de visiter une aire ancienne ?
Les boules de gui dans les peupliers peuvent servir de support pour une nidification de crécerelle.

Les éperviers aiment les conifères, pins, sapins ...


  Une fois volant les jeunes crécerelles restent autour du nid pendant quelques jours, il est alors possible de découvrir une reproduction non soupçonnée. Les jeunes buses restent aussi dans les environ du nid et réclament leur pitance en poussant des cris perçants. 



5-LES RESULTATS DE L'ENQUÊTE 2019


   Buse variable


3 couples nicheurs possibles

3 couples nicheurs certains, dont un nid sans poussin observé

  Les trois nidifications possibles sont basées sur les observation répétées d'oiseaux autour de petit massif boisés et d'anciennes aires découvertes. 

Carré 10 : un couple entame une nidification, des petits cris sont entendus depuis le pied de l'arbre, puis plus rien ensuite malgré la présence d'adultes criant. Un sentier pédestre passe sous le nid, il peut-être à l'origine d'un dérangement, laissant les oeufs ou les jeunes poussins exposés trop longtemps au froid. Nid repéré par l'arrivée d'un oiseau sur le nid.


Carré 15 : reproduction avec au moins deux jeunes à l'envol. Nid repéré en hiver.


Carré 22 : reproduction avec au moins deux grands jeunes au nid. Nid repéré en hiver.


carte des observations de Buse variable


   Au vu de l'absence de boisement, il n'est pas étonnant que le nombre de couples reproducteurs soit faible.
  Deux des nids certains ont été trouvés en février avant que les oiseaux ne soient dessus. Le troisième a été trouvé en voyant un oiseau rentrant dans un arbre avec du lierre.
   Pour deux des possibles, des anciennes aires ont été trouvées sur des sites fréquentés par ces rapaces. Sur le troisième, une buse été aperçue inspectant un nid, au dessus de ce site étaient souvent aperçus des oiseaux en vol et une fois les feuilles sorties, le nid n'était plus visible. Comme c'est une propriété privée habitée, impossible d'aller voir au pied de l'arbre. Ce site était connu comme ayant déjà abrité une aire de buse.


   Faucon crécerelle



   3 nicheurs possibles
   6 nicheurs certains

 Les trois nidifications possibles sont basées sur les observation répétées d'oiseaux autour de petit massif boisés et de sites bocagers propices à la nidification.

Carré 3 : le 01/07 découverte d'une famille de 3 ou 4 jeunes volants regroupés sur un hangar. La nidification ne s'est pas effectuée dans ce bâtiment. Suite à l'observation de deux jeunes se chamaillant en C2, il est possible que ce site ait accueilli la nidification dans des grands arbres avec deux anciens nids de corvidés.

Carré 5 : le 28/05 femelle au nid sans doute sur des poussins d'après sa position. Le 16/06 4 jeunes à quelques jours de l'envol. Nid repéré en hiver.

Carré 13 : Activité repérée autour du site depuis un point situé à 1,3km le 28 mai ! Le 16 juin, découverte de 2 jeunes au nid, après avoir changé de point d'observation. Une femelle et un autre oiseau de type femelle tournant autour du nid, laisse penser à un autre jeune volant.

Carré 20 : En mai passage de proie entre 2 adultes sur un poteau ciment EDF. Nous pensons que le nid se situe dans une haie le long de la route mais nous décidons de laisser passer le temps pour visiter le nid afin de ne pas gêner la reproduction. Le 28/05 une queue dépasse du nid. Le 08/06 plus rien au nid mais présence de duvets accrochés aux branches. Une famille de 3 jeunes minimum est repérée sur des balles de paille à 470m du nid. Malgré nos recherches pas d'autres famille autour du nid, ce sont sans doute les jeunes du nid.

Carré 24 : 11/06 une femelle nourrit au moins deux poussins en duvet brun sur le nid. Plusieurs heures d'observations sur le point n'avaient pas permis de repérer cette nidification, malgré la connaissance de ce nid de corvidé.

Carré 24 : deuxième nidification sur ce carré. 
Le 09/06 observation d'un oiseau faisant un aller retour dans des arbres. L'oiseau tenait des brindilles dans ses pattes mais c'étaient sans doute des végétaux saisis en même temps que sa proie.
Le 11/06 un mâle chasse des pigeons ramiers dans des peupliers couverts de boules de gui. Défense de territoire.
Le 12/06 cris de crécerelle venant des peupliers mais pas vu de mouvement.
Le 16/06 femelle crécerelle cerclant très haut au dessus du site.
Le 02/07 un jeune dans une boule de gui et un autre tourne autour des peupliers.
Le nid était non repérable même en hiver.

   Ces dernières observations montre qu'il faut passer du temps pour arriver à conclure à une nidification certaine.

 type femelle en hiver


carte des observations de Faucon crécerelle

   Epervier d'Europe

   8 observations sur 7 carrés. Au cours des années passées, l'observation d'éperviers a toujours été habituelle. Nous pensons qu'une nidification sur ce carré est possible.

   Bondrée apivore

   Une seule observation. La bondrée ne niche pas sur ce carré. Ces rapaces ont déjà niché pendant plusieurs années de suite dans la vallée de la Divatte, à la Chapelle-Basse-Mer.

   Milan noir

    Une observation d'un oiseau en migration. Le Milan noir ne niche pas sur ce carré. Les oiseaux les plus proches nichent au marais de Goulaine.


   Faucon hobereau


    Une seule observation. Le Faucon hobereau ne niche pas sur ce carré.

6-CONCLUSION

   Deux espèces de rapaces nichent de façon certaine dans ce carré et une est possible. Ces résultats peuvent paraître faible effectivement mais en analysant les habitats de ce carré très urbanisé (31%) et des types de cultures implantées, vignes (21%) et maraîchage (16%) nous arrivons à un pourcentage de 68% non favorable à la nidification des rapaces.


   Cette enquête de terrain est très formatrice. Vous apprendrez la patience, renforcerez vos connaissances sur le comportement des rapaces et d'identification des individus (adultes, jeunes des années précédentes, mues...) et sur la connaissance d'un secteur avec peut-être de belles découvertes à la clé.

    Si vous êtes seul, tentez de vous intégrer à un groupe qui prospecte un carré.

Les carrés centraux 2020 sont connus pour la Loire-Atlantique:
- carte 1121 ouest Pontchâteau
- carte 1121 ouest St Nicolas de Redon
- carte 1322 est Ancenis
- carte 1422 ouest Varades


Jean-Luc Leblanc