vendredi 17 janvier 2020

Carré rapaces, une prospection chronophage

1-L'ORIGINE DES ENQUÊTES RAPACES

 La première estimation des effectifs des rapaces nicheurs non rupestres de France a été réalisée entre 1979 et 1982 sous l'égide du Fonds d'Intervention pour les Rapaces (F.I.R) et de l'Union Nationale des Associations Ornithologiques (U.N.A.O), cet ouvrage peut être trouvé en occasion sur internet.

   Entre 2000 et 2002, une nouvelle enquête a été lancée concernant cette fois tous les rapaces nicheurs par un collectif d'associations, de muséums, d'universités, de réserves, de parcs et de services de l'état.

   L'évaluation des effectifs et de la répartition des 24 espèces de rapaces concernés sur une superficie 550 000 km² ne pouvant être exhaustive, un échantillon de plus de 2000 carrés de 25 km² chacun, répartis sur tout le territoire a été retenue. 

   L'échantillonnage s'appuie sur le maillage des cartes IGN au 1/25 000 (1cm=250m), ce qui représente en théorie 2210 quadrats. Chaque quadrat est définie par un carré situé autour du centre de la carte (coordonnées en degrés, ne correspondant pas aux carrés de coordonnées Lambert 93 utilisés pour les atlas nationaux et régionaux).  Cette surface de 25 km² est un compromis entre le temps de prospection réaliste et le domaine vital de la plupart des espèces de plaines. Chaque carte IGN 1/25 000 représente une surface d'environ 260 km², le quadrat central couvre environ 10% de la carte. Les cartes dont la majeure partie de la surface se situe sur la mer ou un pays frontalier ont été retirées, il restait donc 2046 carrés à prospecter. Et ce sont dont environ 1700 observateurs qui ont prospecté 1230 quadrats au final soit 60,1% des quadrats initiaux. 


   De ce formidable travail a été édité, aux éditions Delachaux et Niestlé, un ouvrage de référence : Rapaces nicheurs de France, Distribution,effectifs et conservation. Cet ouvrage est toujours disponible et doit faire partie de la bibliothèque de tout ornithologue de terrain.




2-CONTINUITE DES ENQUÊTES RAPACES

   Suite à l'inventaire 2000-2002, il a été proposé de poursuivre cette enquête sur une base annuelle, avec un échantillonnage plus restreint.
   Ces prospections reprennent le même protocole. 5 carrés sont tirés au sort de façon aléatoire chaque année par département. Pour que le projet soit viable, au moins un carré doit être recensé par département. Les simulations réalisées par le CNRS de Chizé, ont montré que pour les espèces les plus courantes, l'estimation de l'abondance est fiable même lorsqu'on ne travaille qu'avec 5% des carrés centraux.

   Ce suivi doit permettre de donner une tendance fiable de l'évolution des espèces nicheuses à vaste répartition. Il a donc pour but d'orienter des stratégies de conservation des rapaces et d'agir plus facilement en cas de déclin avéré.

Pour plus de précision, visitez le site: observatoire-rapaces.lpo.fr




3-PROSPECTION DU CARRE CENTRAL DE LA CARTE VALLET 1323 ouest

Le contexte

   Ce carré se situe sur les communes de la Chapelle-Basse-Mer au nord, le Loroux-Bottereau au sud et à l'ouest, Saint-Julien-de-Concelles à l'est.


carré de 5x5km divisé en carré de 1x1km
Cliquez sur les cartes pour les agrandir

  Synthèse des types d'habitats

   La synthèse des types d'habitats est traduite dans la carte qui suit. Le carré de 5x5km est divisé en carrés de 1km², eux-même divisés en petit carré de 250x250m (1cm sur la carte 1/25000).
   Pour chaque carré de 250x250m, 8 types de milieux ont été choisis pour décrire l'habitat (voir l'image suivante). Quand un type de milieu occupe plus de 50% de la surface du petit carré, celui-ci est retenu pour déterminer le type d'habitat principal et sa couleur. Les parcelles sont hétérogènes et imbriquées, mais il aurait fallu trop de temps pour décrire des carrés de surface moindre. 


Carte de la synthèse des types d'habitats

   L'urbanisation est importante avec près d'un tiers (31%) de la surface du carré (en rose).
   Le bocage homogène, donc des haies avec des arbres pour nicher, ne représente de 4%.
  Le couvert de type forestier occupe moins de 1% et est présent aux abords du lac de St Julien. Mais ce ne sont que des peupleraies ou des parcelles abandonnées devenues taillis avec peu d'arbres âgés favorables à la nidification.
   Les vignes (en violet), avec près d'un quart de la surface (21%), ne sont pas favorables à la nidification même si les rapaces les utilisent comme terrain de chasse.

Carte tirée de Géoportail, représentant les surfaces viticoles en AOC

   
   On s'aperçoit qu'au fil des années, les parcelles viticoles sont abandonnées au profit du maraîchage et de l'urbanisation.On s'aperçoit qu'au fil des années, les parcelles viticoles sont abandonnées au profit du maraîchage et de l'urbanisation.

4-L'ENQUÊTE TERRAIN 2019

   Dès février, nous sommes allés sur le terrain pour fixer l'emplacement de nos points d'observations et repérer les anciennes aires de buses variables et les nids de corvidés pouvant accueillir des faucons crécerelles.

Mise en place des points de d'observations

  L'idéal est de placer un point d'observation par carré de 1km² soit 25 points pour le carré de prospection.
   Placer le point au centre du carré n'est pas une obligation, car premièrement le centre de ce carré n'est pas toujours accessible et il n'est peut-être pas l'endroit idéal pour observer, butte cachant le paysage, bâtiments, manque d'intérêt de l'habitat. A vous de déterminer ce point suivant le terrain. Parfois il sera nécessaire d'avoir deux points par carré pour regarder de chaque côté d'une parcelle  bocagère.

Positionnement de nos 31 points d'observation

   Certains points sont situés en dehors du carré, ils permettent d'avoir une vue d'ensemble ou reculée sur un site particulier.
Certains points en milieu totalement urbains sont à laisser de côté, en cinq minutes vous auriez la gendarmerie ou la police municipale qui débarque grâce aux "voisins vigilants". 

Repérage des anciennes aires et des nids de corvidés

   Il est bon de rappeler que les buses variables construisent de gros nids de branchage et que l'aire de l'année précédente est souvent réutilisée si la reproduction a réussi et si l'environnement n'a pas changé. Les faucons crécerelles ne construisent pas de nids et utilisent des nids de corvidés quand ils nichent dans les arbres. Ils peuvent aussi nicher dans des bâtiments.
   Une fois la pousse du feuillage terminée, il est pratiquement impossible de voir ces nids sans une prospection au pied des arbres et encore, il suffit de se déplacer d'un mètre pour ne plus voir le nid. Il est donc important de localiser ces constructions quand les arbres sont nus en février et début mars. Il n'est pas nécessaire de faire cette prospection trop tôt car les tempêtes d'hiver peuvent mettre à bas les vieux nids.
  Il est important de noter précisément ces nids, car après quelques mois vous ne vous souviendrez plus de leurs emplacements et le feuillage vous les cachera.


    Vous pouvez aussi prendre des photos de nids avant la pousse des feuilles, elles vous permettront de retrouver plus facilement l'axe de l'arbre à surveiller.

Les buses aiment bien quelques arbres regroupés

Buse en visite sur un nid

   Dans des boisements, de simples photos au smartphone permettront de retrouver l'endroit exact d'où vous pouviez voir un nid. L'arbre en fourche à droite est un bon repère!



Restitution des observations

   Nous utilisons Google Maps pour retranscrire nos observations de terrain. Ces cartes satellites sont mises à jour après chaque sorties et sont partagées entre tous les observateurs du groupe.
Les quadrillages des cartes sont effectuées sur Géoportail puis importés dans Google Maps.


exemple de notation


   Le travail sur Google Maps permet de créer des calques : calque ancien nids, calque crécerelles, calque buse variable, points d'observation, etc...
Pour l'utilisation de Google Maps, cherchez un tutoriel sur internet.

   Il est important de bien connaître le terrain, de le sentir !
   Il est indispensable d'avoir des agrandissement de la carte IGN pour noter ses observations et se repérer pour les observations lointaines en trouvant des points topographiques du paysage.

Méthodes de prospection


   Nous avons utilisé deux méthodes de prospection. L'observation depuis des points fixes pendant deux heures consécutives, et oui il faut de la patience. Ainsi que le déplacement pédestre entre les points.

   Le point fixe doit permettre d'avoir une bonne vue d'ensemble sur majeure partie du carré. Vous devez avoir en tête les positions des anciens nids existants pour surveiller des déplacements à ces abords. Les buses sont très méfiantes autour de leur nid , beaucoup plus que les crécerelles. Vous serez peut-être amenés à repositionner votre point d'observation si vous gênez un couple.

   Ne croyez pas que les rapaces vont gentiment vous amener à leurs nids rapidement. Vous risquez de rester de longues heures sans rien voir de spécial vous menant à une nidification. Mais la ténacité est une des qualités de l'ornithologue de terrain. 

   Si vous passez 2 heures par mois sur chaque point, sur 4 mois vous arrivez à 200 heures sur le terrain. Vous voyez que l'opération est vite chronophage. Il faut constituer une équipe d'au moins 4 personnes pour être efficace et exhaustif dans le dénombrement. Cela dit, j'ai déjà fait un carré tout seul.

   Le déplacement pédestre est aussi intéressant du moins les deux ou trois premiers mois de la prospection. C'est moins fastidieux que de rester statique et cela de mieux connaître son terrain d'étude.


  Une fois que vous êtes sûr qu'un oiseau couve, vous pouvez laisser ce point pour vous concentrer sur un autre secteur. Vous reviendrez plus tard voir si les poussins sont nés, si vous avez un vue sur le nid, ou observer des apports de proies si le nid est invisible.


 Si vous traversez souvent le carré rapaces pendant vos déplacements automobiles, notez les observations de crécerelles perchés, volant en St Esprit, le passage d'un épervier devant votre véhicule ... Toutes ces observations seront consignées sur les cartes et pourront vous apporter des informations à recouper avec celles de terrain.


  Un faucon crécerelle qui vole comme un papillon autour d'une haie contenant un nid de corneille est un indice à creuser. Une buse qui pique dans un arbre avec du lierre n'est-elle pas en train de visiter une aire ancienne ?
Les boules de gui dans les peupliers peuvent servir de support pour une nidification de crécerelle.

Les éperviers aiment les conifères, pins, sapins ...


  Une fois volant les jeunes crécerelles restent autour du nid pendant quelques jours, il est alors possible de découvrir une reproduction non soupçonnée. Les jeunes buses restent aussi dans les environ du nid et réclament leur pitance en poussant des cris perçants. 



5-LES RESULTATS DE L'ENQUÊTE 2019


   Buse variable


3 couples nicheurs possibles

3 couples nicheurs certains, dont un nid sans poussin observé

  Les trois nidifications possibles sont basées sur les observation répétées d'oiseaux autour de petit massif boisés et d'anciennes aires découvertes. 

Carré 10 : un couple entame une nidification, des petits cris sont entendus depuis le pied de l'arbre, puis plus rien ensuite malgré la présence d'adultes criant. Un sentier pédestre passe sous le nid, il peut-être à l'origine d'un dérangement, laissant les oeufs ou les jeunes poussins exposés trop longtemps au froid. Nid repéré par l'arrivée d'un oiseau sur le nid.


Carré 15 : reproduction avec au moins deux jeunes à l'envol. Nid repéré en hiver.


Carré 22 : reproduction avec au moins deux grands jeunes au nid. Nid repéré en hiver.


carte des observations de Buse variable


   Au vu de l'absence de boisement, il n'est pas étonnant que le nombre de couples reproducteurs soit faible.
  Deux des nids certains ont été trouvés en février avant que les oiseaux ne soient dessus. Le troisième a été trouvé en voyant un oiseau rentrant dans un arbre avec du lierre.
   Pour deux des possibles, des anciennes aires ont été trouvées sur des sites fréquentés par ces rapaces. Sur le troisième, une buse été aperçue inspectant un nid, au dessus de ce site étaient souvent aperçus des oiseaux en vol et une fois les feuilles sorties, le nid n'était plus visible. Comme c'est une propriété privée habitée, impossible d'aller voir au pied de l'arbre. Ce site était connu comme ayant déjà abrité une aire de buse.


   Faucon crécerelle



   3 nicheurs possibles
   6 nicheurs certains

 Les trois nidifications possibles sont basées sur les observation répétées d'oiseaux autour de petit massif boisés et de sites bocagers propices à la nidification.

Carré 3 : le 01/07 découverte d'une famille de 3 ou 4 jeunes volants regroupés sur un hangar. La nidification ne s'est pas effectuée dans ce bâtiment. Suite à l'observation de deux jeunes se chamaillant en C2, il est possible que ce site ait accueilli la nidification dans des grands arbres avec deux anciens nids de corvidés.

Carré 5 : le 28/05 femelle au nid sans doute sur des poussins d'après sa position. Le 16/06 4 jeunes à quelques jours de l'envol. Nid repéré en hiver.

Carré 13 : Activité repérée autour du site depuis un point situé à 1,3km le 28 mai ! Le 16 juin, découverte de 2 jeunes au nid, après avoir changé de point d'observation. Une femelle et un autre oiseau de type femelle tournant autour du nid, laisse penser à un autre jeune volant.

Carré 20 : En mai passage de proie entre 2 adultes sur un poteau ciment EDF. Nous pensons que le nid se situe dans une haie le long de la route mais nous décidons de laisser passer le temps pour visiter le nid afin de ne pas gêner la reproduction. Le 28/05 une queue dépasse du nid. Le 08/06 plus rien au nid mais présence de duvets accrochés aux branches. Une famille de 3 jeunes minimum est repérée sur des balles de paille à 470m du nid. Malgré nos recherches pas d'autres famille autour du nid, ce sont sans doute les jeunes du nid.

Carré 24 : 11/06 une femelle nourrit au moins deux poussins en duvet brun sur le nid. Plusieurs heures d'observations sur le point n'avaient pas permis de repérer cette nidification, malgré la connaissance de ce nid de corvidé.

Carré 24 : deuxième nidification sur ce carré. 
Le 09/06 observation d'un oiseau faisant un aller retour dans des arbres. L'oiseau tenait des brindilles dans ses pattes mais c'étaient sans doute des végétaux saisis en même temps que sa proie.
Le 11/06 un mâle chasse des pigeons ramiers dans des peupliers couverts de boules de gui. Défense de territoire.
Le 12/06 cris de crécerelle venant des peupliers mais pas vu de mouvement.
Le 16/06 femelle crécerelle cerclant très haut au dessus du site.
Le 02/07 un jeune dans une boule de gui et un autre tourne autour des peupliers.
Le nid était non repérable même en hiver.

   Ces dernières observations montre qu'il faut passer du temps pour arriver à conclure à une nidification certaine.

 type femelle en hiver


carte des observations de Faucon crécerelle

   Epervier d'Europe

   8 observations sur 7 carrés. Au cours des années passées, l'observation d'éperviers a toujours été habituelle. Nous pensons qu'une nidification sur ce carré est possible.

   Bondrée apivore

   Une seule observation. La bondrée ne niche pas sur ce carré. Ces rapaces ont déjà niché pendant plusieurs années de suite dans la vallée de la Divatte, à la Chapelle-Basse-Mer.

   Milan noir

    Une observation d'un oiseau en migration. Le Milan noir ne niche pas sur ce carré. Les oiseaux les plus proches nichent au marais de Goulaine.


   Faucon hobereau


    Une seule observation. Le Faucon hobereau ne niche pas sur ce carré.

6-CONCLUSION

   Deux espèces de rapaces nichent de façon certaine dans ce carré et une est possible. Ces résultats peuvent paraître faible effectivement mais en analysant les habitats de ce carré très urbanisé (31%) et des types de cultures implantées, vignes (21%) et maraîchage (16%) nous arrivons à un pourcentage de 68% non favorable à la nidification des rapaces.


   Cette enquête de terrain est très formatrice. Vous apprendrez la patience, renforcerez vos connaissances sur le comportement des rapaces et d'identification des individus (adultes, jeunes des années précédentes, mues...) et sur la connaissance d'un secteur avec peut-être de belles découvertes à la clé.

    Si vous êtes seul, tentez de vous intégrer à un groupe qui prospecte un carré.

Les carrés centraux 2020 sont connus pour la Loire-Atlantique:
- carte 1121 ouest Pontchâteau
- carte 1121 ouest St Nicolas de Redon
- carte 1322 est Ancenis
- carte 1422 ouest Varades


Jean-Luc Leblanc

mardi 11 juin 2019

chroniques du marais de goulaine : Grèbes à cou noir

   Le temps passe et il est temps de donner quelques nouvelles du marais.
Sur la partie haute du marais, nous avons recensé les stationnements de Grèbes à cou noir de ce printemps 2019.
affût flottant, Goulaine 2019

   Le grèbe à cou noir a débuté sa colonisation de la France au début du 20ième siècle en nichant dans les Dombes. L'atlas des oiseaux nicheurs de France métropolitaine de 2005/2012, nous montre que ce grèbe niche principalement en Brenne, en Sologne le Forez, les Dombes, et le nord-est du pays, il est absent du quart sud-ouest de la France.
   Dans notre département, ce grèbe a commencé de nicher au lac de Grand-Lieu en 1994. Le nombre de couples n'atteindrait que 3 ou 4 couples annuellement.  1 à 3 trois couples se reproduiraient sur un étang de la Chapelle-Glain.
   Au marais de Goulaine, la première nidification est prouvé par Jacques Lemore en 2005. Depuis sa reproduction a été sporadique. Le problème de ce marais est la fluctuation et l'assèchement progressif, souvent trop rapide, de l'eau recouvrant les prairies. De plus ces grèbes aiment, pour leur protection contre les prédateurs ailés, la compagnie des Mouettes rieuses et des Guifettes moustacs qui sont absentes de Goulaine comme nicheuses . 
affût flottant, Goulaine 2019

   Le 20 février 2019 avec une hauteur d'eau de 2.82m, 89 oiseaux sont déjà présents. Il est clair que notre recensement a démarré un peu tard, ceux-ci n'étant pas présents l'hiver pendant la période de chasse.
   Le pic du passage a été de 166 oiseaux au 8 mars, un record, hauteur d'eau de 2.88m.
   Le 6 mai, 45 oiseaux sont encore présents, ils se tiennent en petits groupes pratiquement toujours en couple. Le marais a déjà bien baissé avec 2.43m mais une hauteur d'eau encore suffisante pour nicher. Malheureusement aucun signe de nidification n'est observé et il est trop tard pour réussir celle-ci le niveau baissant quotidiennement.
   Partis une semaine en vacances, nos recenseurs ne reprennent le comptage que le 24 mai et aucun Grèbe à cou noir n'est détecté.
   La gestion des niveaux d'eau du marais de Goulaine n'est pas adaptée à la nidification du grèbe à cou noir. Il faudrait une pose temporaire dans l'abaissement de lame d'eau pour que ces oiseaux entament leur reproduction, tout en laissant la possibilité aux végétaux des prairies de développer une fois le processus de croissance entamé. 




    

affût flottant, Goulaine 2019

   Bien que le marais de Goulaine soit une zone NATURA 2000, il est impossible d'amener les différents acteurs du marais à accepter des niveaux d'eau compatibles avec la reproduction de ces magnifiques grèbes. La fauche des parcelles en juin est une aberration écologique. L'argument du représentant des agriculteurs est que ceux-ci partent en vacances et qu'ils sont occupés après les moissons avec les semis des blés d'hiver !

vendredi 31 mai 2019

F.É.E. d'Orée

Nous avons le plaisir de vous annoncer la naissance de F.É.E d'Orée, association loi 1901, ayant pour but d’œuvrer à la préservation de l'environnement sur la commune nouvelle d'Orée d'Anjou, avec le concours de spécialistes et des élus locaux. L'objectif est très simple : informer et faire respecter la législation existante. Si vous êtes sensible à cette problématique, rejoignez-nous.

F.É.E d'Orée pour Futur Éthique Environnement d'Orée d'Anjou. Orée d'Anjou, est une nouvelle commune du 49 et regroupe neuf anciennes communes ligériennes sur la rive sud, entre Nantes et Angers.

Notre association permettra de Fédérer des habitants lassés de constater des infractions mais démunis pour s'y opposer et de travailler avec les élus sur les meilleures solutions locales pour parvenir à y mettre fin. Nous avons besoin de votre soutien...

Des faits récents sur la commune (abattage d'arbres protégés par le PLU, traitements phytosanitaires sur les bords de cours d'eau, traitements sur les bords de route) nous ont montré la difficulté à faire appliquer la réglementation en cours qui, interdit pourtant sans équivoque ces pratiques. Cependant, à la suite de démarches personnelles, nous avons réussi à faire bouger les choses même si tous les dossiers ne sont pas encore bouclés.

Cette expérience et nos nombreux échanges avec les collectivités locales nous ont donc incité à la création de F.É.E d'Orée, poussés en cela par les professionnels de l'environnement rencontrés qui nous encouragent dans notre démarche car celle-ci renforce leur travail en leur apportant un soutien citoyen et leur permet même de «porter plus haut les exigences environnementales».

F.É.E d'Orée se fixe, les environs d'Orée d'Anjou comme territoire géographique prioritaire d'intervention mais propose aussi de conseiller, d'aider et orienter dans ses démarches chacun de ses adhérents, quel que soit son lieu d'habitation .

F.É.E d'Orée souhaite devenir un partenaire incontournable en travaillant avec les élus locaux, en leur proposant des pistes de réflexions, notre expérience, en faisant des propositions très concrètes dans le domaine de l'environnement, en apportant des idées adaptées aux situations locales afin de gérer au mieux les infractions environnementales et surtout de limiter au maximum celles-ci en amont grâce à des mesures parfois très simples, notamment l'information préventive.

Notre réseau constitué de naturalistes locaux et régionaux mais aussi les échanges et travaux réguliers que nous avons avec des associations reconnues comme le CPIE, la LPO, le CEN, Sauvegarde de l'Anjou et FNE par exemple nous permette d'avoir une caution scientifique mais aussi juridique cohérente sur un territoire que nous connaissons bien.

A l'image de FNE, notre deuxième axe de travail sera de proposer la création d'un réseau de "sentinelles de l'environnement" constitué des adhérents et de toutes les personnes qui se sentent concernées, afin de relever les infractions environnementales autour de chez eux. F.É.E d'Orée, se chargera alors, d'entreprendre les démarches nécessaires afin de faire respecter la législation en cours par les autorités compétentes, en favorisant toujours dans un premier temps, information et pédagogie auprès des personnes impliquées et des élus.

Un conseil d'administration collégial a été créé pour lancer l'association. Nous vous proposons de nous rejoindre en adhérent à celle-ci puis de participer à son existence en assistant à une réunion que nous vous indiquerons par la suite.

     Votre adhésion enregistrée, nous vous tiendrons régulièrement au courant de la vie de l'association. N'oubliez pas de nous indiquer votre adresse mail

L'adhésion à F.É.E d'Orée est gratuite jusqu'à 16 ans
L'adhésion annuelle adulte est de 10€
L'adhésion bienfaiteur est du montant que vous souhaitez
Les dons sont bien entendu les bienvenus.

     En attendant que notre association offre une adhésion informatisée, vous pouvez rédiger vos chèques à l’ordre de Fée d'Orée et les adresser à l'adresse suivante :

Association F.E.É d'ORÉE
Mairie déléguée de Champtoceaux.
16, rue Hippolyte Maindron,
Champtoceaux
49270 Orée d'Anjou

Notre blog : https://feedoree.blogspot.com/


Vous pouvez aussi recevoir nos statuts et objectifs et nous contacter dès maintenant sur : feedoree@laposte.net

N'hésitez pas diffuser cette information sur vos réseaux. Si vous souhaitez nous rejoindre mais que votre nom n'apparaisse jamais, merci de le préciser avec le règlement de votre adhésion.

Pour les membres fondateurs: Jacques Lemore

lundi 22 avril 2019

L’argent de la chasse : richesse cachée, business entre amis et argent du contribuable

Une fois n'est pas coutume, je vous retranscris l'intégralité d'un article paru sur le site d'Animal Cross. En effet, on peut constater que, depuis quelques temps, les chasseurs ont pris une place prédominante dans l'espace public, avec la bénédiction et le soutien de nos édiles, qui les subventionnement massivement avec notre argent, malheureusement au détriment de la quiétude animale, de la biodiversité et des vrais défenseurs de ces causes.

Ainsi, les nemrods sont en passe de régenter le nouvel Office français de la biodiversité, qui pourrait d'ailleurs être rebaptisé "Office français de la biodiversité et de la chasse". Pour mémoire, cet organisme regroupe et l'ONCFS (dont le conseil d'administration est composé pour majorité par des chasseurs) et l'Agence française pour la biodiversité (fusion de l'ONEMA, de l’ATEN, de l’AAMP et des PNF).

Comme si ça ne suffisait pas, alors que la future loi chasse va commencer ses aller-retours entre le Sénat et l’Assemblée Nationale, les Sénateurs ont voté en commission plusieurs mesures favorables à la chasse.

Par exemple, les fédérations régionales des chasseurs pourraient être candidates auprès de l’état pour gérer les réserves naturelles : à ce jour, seules les associations, les propriétaires terriens (de la réserve), les collectivités locales ou un établissement public pouvaient le faire.

Ont aussi été votées des dérogations permettant la chasse d’oiseaux migrateurs pendant leur retour vers des lieux de nidification : reste à savoir comment ces dérogations peuvent être appliquées, puisque contraire à la directive oiseaux.

Ce projet de loi prévoit également une amende de 30.000 euros et un an de prison pour entrave à l'exercice de la chasse (pour mémoire : chasser sur le terrain d'autrui sans son consentement ou dans une réserve naturelle ne coûte que 1500 euros, sans peine de prison).

Les ACCA seront organisées par les chasseurs eux-même et non plus les préfets (il faudra bientôt leur demander l'autorisation pour qu'ils ne chassent plus chez vous).

Enfin, la commission de l’aménagement du territoire a adopté un amendement visant à préserver les chasses traditionnelles telles que la chasse à la glu, alors même que la Cours européenne de Justice a condamné l'Espagne pour cela : la LPO a porté plainte auprès de cette même Cour, pour faire cesser cette pratique barbare et non sélective.



Avant de lire l'article d'animal Cross sur l’argent de la chasse, je vous invite à signer la pétition contre la fusion AFB / ONCFS, reprenant ce qui est dit ci-dessus.
André

Lettre d'Animal Cross du 3/04/2019


samedi 13 avril 2019

SI CE SONT SIX COUS QU’ON COUPE, SONT-CE SIX COCCINELLES QU’ON OCCIS ?


« Souvent, pour s’amuser, les gens à la campagne, 
Prennent des coccinelles, charmantes compagnes…
Se servant de nos doigts comme mâts de cocagne,
Leurs ailes s’ouvrent sur ces drôles de montagnes.»
« Coccinelle, demoiselle, Bête à bon Dieu.
Coccinelle, demoiselle, Vole jusqu'aux cieux
 ».

Enfin une bestiole qui fait l’unanimité ! Tout le monde connait et aime la coccinelle. Il faut dire qu’elle a tout pour elle. Sa rigolote forme arrondie qui a inspirée la silhouette d’une voiture sympa, sa jolie couleur rouge ponctuée de points noirs. Elle ne pique pas comme les guêpes, elles n’a pas de grandes pattes répugnantes comme un mannequin anorexique, elle ne fait pas de dégâts dans les cultures comme les sangliers, elle ne roule pas comme une folle au volant de sa belle voiture pour épater ses voisins. (Vous voyez qui je veux dire ?) Au contraire ; la coccinelle se rend même très utile en étant une croqueuse acharnée de pucerons et quand elle s’envole, c’est vers le bon Dieu!

La légende dit qu’un condamné à avoir la tête tranchée clamait son innocence. Le bourreau essaya en vain à plusieurs reprises d’enlever une coccinelle qui se reposait toujours sur le cou de l’homme. Voyant là un signe divin, on le gracia et le véritable coupable fût arrêté. L’histoire ne dit pas ce qu’il se serait passé s’il c’était s’agit d’un moustique ou d’une puce. Depuis, en France, on appelle la coccinelle la « bête à bon Dieu » et elle est un porte-bonheur. Bref, ça gaze au pays de la coccinelle. Euh, presque…
Tout le monde pense qu’une coccinelle ayant deux points sur les ailes a deux ans, une qui a quatre points a quatre ans etc. Pourtant, c’est faux. Et quand elle a 24 points, elle à 24 ans ? Et si les points sont blancs, jaunes, en damier, en zigzag ? Ça devient le bazar. Donc… ça nous intéresse.
La coccinelle étant petite, chaussons nos bésicles et allons au jardin voir de plus près.
Nous trouvons la première. C’est celle à sept points. Normal, c’est la plus commune. Rouge sauf la tête noire, elle possède 7 points noirs toujours disposés de la même façon : 3 sur chaque élytre et un derrière la tête. Quel que soit son âge, elle aura toujours sept points. La deuxième que nous trouvons ne possède que deux points. Un sur chaque élytre. C’est la coccinelle…à deux points. Elle aussi aura toujours le même nombre de points. Normalement… 
Car sa couleur peut énormément varier et on la retrouve parfois avec des tâches rouge sur fond noir ! Tout pour nous embêter. La suivante est jaune. Comment s’y retrouver ?
Car ce sont 62 espèces qui vivent dans le Maine-et-Loire (certaines quasiment dans la clandestinité)! 
D’autres sont probablement encore à découvrir. Bel exemple de diversité.
Un atlas publié par les Naturalistes Angevins décrit ces 62 espèces de coccinelles, vous pouvez le trouver à cette adresse : naturalistesangevins.free.frCet atlas de donne pas de clé permettant l’identification des coccinelles. Pourtant certaines se ressemblent comme deux gouttes d’eau. 


Vous trouverez cette clé dans un autre atlas celui des coccinelles de la Manche (2003). Comme disait mon grand-père, « il faut toujours avoir l’atlas de la Manche dans la poche ».
Oublions donc l’identification et résumons : Les coccinelles sont des insectes de l’ordre des coléoptères (ne pas confondre avec les hélicoptères qui n’ont pas d’ailes mais des rotors). Les insectes ont six pattes. Donc, les araignées qui ont huit pattes ne sont pas des insectes mais des arachnides. (Ça n’a rien à voir mais autant le savoir pour Questions pour un couillon). Les coléoptères ont des ailes souples qui sont protégées par des petites carapaces plus solides : les élytres. (Ça, c’est si le jeu des 1000 blaireaux passe à La Varenne).
Pour avoir des bébés coccinelles il faut une maman et un papa coccinelle (chez les escargots, on s’embête moins que ça). Au printemps le mâle (papa) et la femelle (maman) s’accouplent. Le mâle est plus petit que la femelle (Chez les crapauds c’est pareil même si ça n’a rien à voir). La femelle dépose ses 100 à 400 œufs sous des feuilles de plantes envahies de pucerons. Elle en pondra 1000 dans toute sa vie qui dure deux-trois ans. Les larves sortent au bout de sept jours et chacune va dévorer jusqu’à 150 pucerons par jour pendant son développement (trois semaines). Ce sont donc surtout les jeunes coccinelles qui détruisent les pucerons. Bien plus que les adultes (100 pucerons par jour en moyenne quand même). Les jeunes plus productifs que les adultes ? Il faudrait étudier le régime des retraites des coccinelles.
La larve coccinelle devient nymphe. La nymphe devient adulte. En cinq semaines environ le cycle est complet.

Lors des périodes défavorables : chaleur, plus de pucerons ; elles s’envolent et migrent vers la moyenne montagne en suivant les courants ascendants (comme les vautours même si ça n’a rien à voir). A l’automne, elles se mettent à l’abri sous des écorces, des pierres et hibernent pendant l’hiver en rêvant (peut-être) au printemps (comme les ours même si ça n’a rien à voir…). Certaines espèces rentrent dans les maisons pour l’hiver mais nous verrons ça plus tard.
La coccinelle est donc une excellente alliée du jardinier biologique (certaines détruisent aussi les cochenilles). C’est la raison pour laquelle on peut acheter ces jolies collaboratrices dans les magasins spécialisés sous forme de larves ou d’adultes.
Un ami, connaisseur de coccinelles et amateur de vins me signale pourtant que certaines coccinelles importées d’Asie, représentent maintenant une menace pour les vignobles !

Jac Ouzie